POLITIQUE

Secondaire: cours d'histoire aseptisés au Québec, selon une coalition

01/03/2012 12:38 EST | Actualisé 01/05/2012 05:12 EDT
Flickr: abdallahh

MONTRÉAL - Les écoles secondaires du Québec offrent à leurs élèves un cours d'histoire aseptisé et dépouillé de ses références nationales, conclut une enquête menée auprès des enseignants par la Coalition pour l'histoire.

Ce regroupement plaide pour le retour de la dimension politique et nationale dans l'enseignement de l'histoire, et émet une série de recommandations à la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp.

Le rapport de 72 pages de la Coalition, dévoilé jeudi à Montréal, conclut notamment que les enseignants sont insatisfaits des programmes qu'ils doivent enseigner parce qu'ils sont trop axés sur l'éducation à la citoyenneté et le présent, plutôt que sur l'acquisition des connaissances historiques.

Le document propose également une augmentation du nombre d'heures d'enseignement de l'histoire, qui passerait de 350 à 500 heures, ainsi qu'une amélioration de la formation au baccalauréat des futurs enseignants du secondaire.

Le rapport dénonce aussi le caractère répétitif du programme d'histoire du Québec et du Canada. Il suggère qu'il soit scindé en deux au secondaire: «de 1500 à 1840», et «de 1840 à nos jours».

L'historienne Josiane Lavallée demande donc à la ministre de l'Éducation de revoir les contenus des programmes d'histoire au secondaire. Elle estime que les enseignants ont besoin d'un programme plus équilibré afin de pouvoir transmettre toutes les dimensions de l'histoire.

Le rapport d'enquête, intitulé «Une histoire javellisée au service du présent», est le fruit d'un sondage mené auprès de 215 des 1070 enseignants d'histoire.

La Coalition pour l'histoire a été créée en 2009 par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et réunit des associations et regroupements d'enseignants, ainsi que des opposants aux principes de la réforme de l'éducation mise en place en 2000 par la ministre de l'Éducation de l'époque, Pauline Marois.