France: Sarkozy chahuté lors d'une visite, poussée de fièvre dans la campagne

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Nicolas Sarkozy (Getty Images)
Nicolas Sarkozy (Getty Images)

BAYONNE, 1 mars 2012 (AFP) - Le président français Nicolas Sarkozy, candidat à sa succession, a été chahuté jeudi au cours d'un déplacement à Bayonne, dans le pays Basque français, ce qui a causé une poussée de fièvre à 52 jours du premier tour de l'élection présidentielle.

Dès son arrivée jeudi après-midi dans le centre-ville de Bayonne (sud-ouest), le président-candidat a été hué par plusieurs centaines de militants qui l'ont accueilli aux cris de "Sarko président des riches!", "Sarkozy dégage!", couvrant largement les "Sarkozy président" de partisans du chef de l'Etat, en moins grand nombre.

M. Sarkozy s'est très difficilement frayé un passage dans les rues étroites du centre historique jusqu'au bar où il était attendu pour une réunion, sous une pluie de tracts de Batera, un collectif réclamant un statut spécial pour le Pays basque.

M. Sarkozy a alors pénétré dans le bar, devenu la cible de jeunes hostiles au chef de l'Etat qui ont lancé des oeufs en sa direction.

Une foule compacte s'est formée devant l'établissement et des forces de police ont été appelées en renfort pour permettre au président français d'en sortir, une heure plus tard.

Des militants socialistes, dont certains brandissaient le programme du candidat de leur parti, François Hollande, étaient aussi présents, sans participer à ces débordements.

A l'intérieur du café, le président a dénoncé devant les journalistes qui l'entouraient "la violence d'une minorité et leur comportement inadmissible", et regretté que "des militants socialistes s'allient avec des indépendantistes basques".

"Hollande a annoncé l'épuration, forcément, ça échauffe les esprits des gens de la base", a ajouté M. Sarkozy.

Il se référait à de récentes déclarations du candidat socialiste, qui avait accusé M. Sarkozy d'avoir mis en place "un système" à son profit politique dans la police et la justice et avait averti que les hauts fonctionnaires liés à ce système "auraient forcément à laisser la place à d'autres" s'il était élu à l'Elysée.

M. Sarkozy, avant de se rendre dans la soirée à Bruxelles pour un sommet européen, a évoqué des "comportements de voyous".

"Ici, nous sommes en France, sur le territoire de la République française, et le président de la République ira partout sur le territoire", a-t-il ajouté. "Et si ça ne plaît pas à une minorité de voyous, ils devront s'y faire", a-t-il mis en garde.

Sa porte-parole, Nathalie Kosciusko-Morizet, a accusé les socialistes d'avoir organisé des "manifestations de rue" contre le président-candidat, et le secrétaire général de l'UMP, le parti présidentiel, Jean-François Copé, a demandé à M. Hollande de "condamner" ces débordements.

Le Premier ministre François Fillon a estimé jeudi que les incidents de Bayonne n'étaient "pas dignes d'une démocratie moderne". "La démocratie, ça n'est pas la violence et les insultes", mais "le respect des autres", a dit M. Fillon lors d'une réunion à Besançon, dans l'est.

Le directeur de communication de François Hollande, Manuel Valls, a condamné "toute forme de violence" et a affirmé qu'"aucun militant socialiste" n'était impliqué dans les incidents survenus à Bayonne.

Lors d'un meeting à Lyon, dans le centre-est de la France, M. Hollande a déclaré qu'il fallait, dans cette campagne électorale, "ne jamais céder à la polémique inutile, à la violence verbale et encore moins à la violence physique".

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