Des craintes face à la nouvelle politique de confidentialité de Google

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Google a consolidé les règles de confidentialité de la plupart de ses 70 produits. | Getty Images

TORONTO - La nouvelle politique de confidentialité de Google est entrée en vigueur jeudi, malgré l'opposition de la commissaire à la protection de la vie privée du Canada, Jennifer Stoddart, et d'autres gardiens des renseignements personnels dans le monde.

Le géant d'Internet a consolidé les règles de confidentialité de la plupart de ses 70 produits. Par exemple, on a regroupé les données sur les recherches et clics des utilisateurs qui se connectent à plusieurs services différents, tels que Google.ca, Gmail et YouTube.

Google insiste pour dire que cette mesure simplifiera les choses pour les utilisateurs.

«Notre nouvelle politique de confidentialité indique clairement que, lorsque vous vous êtes enregistré, nous pouvons combiner l'information que vous fournissez à l'information d'autres services. En résumé, nous vous considérerons comme un utilisateur unique pour tous nos services, ce qui se traduira par une expérience Google plus simple et plus intuitive», a écrit dans un blogue Adam Whitten, directeur de la vie privée chez Google.

Les internautes peuvent faire obstacle à cette consolidation en ne s'enregistrant pas quand ils visitent YouTube, par exemple, ou en créant des noms d'utilisateurs différents pour chaque service.

Dans une lettre envoyée à Google, la commissaire Stoddart admettait que les efforts du moteur de recherche pour mettre en place une politique de confidentialité plus simple pour les utilisateurs constituent un «pas dans la bonne direction». Mais elle déplorait que les utilisateurs ne soient pas suffisamment informés sur la façon de se retirer du nouveau plan, ou sur le temps nécessaire pour que des informations personnelles soient supprimées à la demande des utilisateurs.

«Nous vous encourageons fortement à indiquer aux utilisateurs qui seraient inconfortables avec ces nouvelles utilisations de l'information qu'ils peuvent créer des comptes distincts. Ceci n'est pas énoncé clairement dans votre nouvelle politique, a écrit Mme Stoddart. D'après ce que nous en comprenons, la nouvelle politique ne signifie pas que Google récoltera plus d'information concernant ses utilisateurs que vous ne le faites déjà. Cela veut par contre dire que vous utiliserez l'information d'une manière différente — ce qui pourra rendre certains utilisateurs inconfortables.»

Une porte-parole de Mme Stoddart a indiqué que Google n'a pas encore répondu à sa missive.

En France, les autorités responsables de la régulation de la vie privée ont estimé que la nouvelle politique de Google violait les règles de l'Union européenne sur la protection des données.

«Notre analyse préliminaire démontre que la nouvelle politique de Google ne respecte pas la Directive européenne sur la protection des données, peut-on lire dans une lettre transmise à Google par la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL). La CNIL et les responsables de la protection de données de l'UE s'inquiètent grandement du regroupement de données provenant de plusieurs services, et doutent fortement de la légalité et de l'équité d'un tel procédé.»

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Faut-il vraiment avoir peur des nouvelles règles de confidentialité de Google ?