Menaces sur la contraception: les féministes américaines en ont marre

Contraception

Première Publication: 1/03/2012 17:16 Mis à jour: 1/03/2012 17:16

WASHINGTON, 1 mars 2012 (AFP) - Projets de loi, polémiques religieuses, controverses: les féministes américaines "en ont marre" de voir leurs conquêtes concernant la contraception et l'avortement menacées par des enjeux électoraux et contre-attaquent en rappelant que "les femmes votent".

"Le fossé entre hommes et femmes se porte parfaitement bien", ironisait jeudi devant la presse Lisa Maatz, directrice de l'Association américaine des femmes universitaires (AAUW), avant de poursuivre: "Nous sommes en colère, nous en avons marre".

A ses côtés, une vingtaine de responsables d'une coalition de 51 associations féministes, "HERvotes", comme la présidente de Majorité Féministe, Eleanor Smeal, ont souligné combien "les femmes (étaient) scandalisées par la permanente politisation de sujets (sur leur santé et leurs droits) sans aucun égard pour la moitié de la population" du pays.

Car en cette période de campagne électorale pour l'élection du prochain président américain, le débat que chacun prévoyait économique a tourné au débat de société, en particulier sur la contraception et l'avortement, régulièrement sous les foudres des plus conservateurs. Et les parlements des 50 Etats américains, qui peuvent voter leurs propres lois, ne se gênent pas pour attirer l'attention avec des propositions sur ces sujets.

A Washington, le Sénat, aux mains des démocrates, a rejeté ce jeudi un amendement présenté par le républicain Roy Blunt (Missouri, centre) à la réforme Obama sur l'assurance-maladie qui prévoit le remboursement entre autres de la pilule contraceptive. Cet amendement visait à permettre à ceux ayant des "objections religieuses" à la contraception de ne pas s'y conformer.

Au nom de la même "conscience" et "liberté religieuse", les évêques catholiques avaient déjà donné le ton début février en s'opposant au remboursement de cette pilule, obligeant le président Barack Obama à un compromis qui ne les a pas plus satisfaits.

Le Sénat de Virginie (est) a quant à lui approuvé mardi un projet de loi obligeant une femme à procéder à une échographie avant un avortement. Un autre texte est également sur la table en Pennsylvanie (est) qui obligerait un médecin consulté sur un avortement à systématiquement utiliser le terme "enfant non-né" ("unborn child").

Dans l'Oklahoma (sud), c'est le battement du coeur du bébé que les médecins pourraient être contraints de faire entendre aux femmes avant l'IVG, selon une proposition votée lundi.

"C'est un arsenal (de mesures) dont le propos est vraiment d'humilier les femmes", a commenté Terry O'Neill, présidente de l'Organisation nationale des femmes (NOW).

Selon HERvotes, plus de 1000 projets législatifs ont été présentés en 2011 --et 163 adoptés-- restreignant le droit à l'avortement ou à la contraception.

"Aujourd'hui, le seul moyen de nous faire entendre, c'est de voter", a lancé Lisa Maatz, dont l'organisation fait campagne dans 15 Etats clé du pays "pour être sûre que les voix des femmes comptent dans le débat".

Blogs, tweets, campagnes vidéo, manifestations devant les parlements locaux sont au menu des organisations féministes qui affirment que "plus ils (les élus) attaquent les femmes, plus ils perdent des voix", selon Terry O'Neill.

Son organisation a d'ailleurs salué dans un communiqué la "victoire" que représente pour les femmes le rejet de l'amendement Blunt, ajoutant que ceux qui ont voté en sa faveur "en paieront certainement le prix dans l'isoloir".

Ces attaques sont "extrémistes, ridicules et pas très futées", a insisté Lisa Maatz, affirmant que le très conservateur candidat républicain Rick Santorum avait certainement perdu la primaire de son parti dans le Michigan mardi car les femmes, notamment les jeunes, n'ont pas voté pour lui.

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Publié par Patrick White  |