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Les deux journalistes occidentaux tués à Baba Amr ont été enterrés sur place

01/03/2012 04:34 EST | Actualisé 01/05/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Les deux journalistes occidentaux tués la semaine dernière dans le centre de la Syrie ont été inhumés dans un cimetière du quartier rebelle où ils sont morts, affirment des militants dans une vidéo mise en ligne jeudi.

Dans les vidéos, une pour chaque journaliste, un homme affirme se trouver dans un cimetière du quartier Baba Amr, où la journaliste américaine Marie Colvin et le photographe français Rémi Ochlik ont été tués lors d'une attaque à la roquette des forces gouvernementales.

L'homme, qui apparaît souvent dans les vidéos tournées dans le quartier, se présente comme étant le docteur Mohammed Ahmed al-Mohammed.

Il explique que les militants ont décidé d'enterrer les deux journalistes le 27 février parce qu'ils n'ont pas d'électricité pour garder les corps au frais et que ceux-ci commençaient à se décomposer.

M. Al-Mohammed salue le travail des deux journalistes, qui sont entrés en Syrie illégalement pour couvrir le soulèvement contre le régime du président Bachar el-Assad.

Le quartier de Baba Amr est présentement visé par le plus important assaut des forces syriennes depuis le début du siège de Homs, il y a u mois. Les forces rebelles ont affirmé jeudi qu'elles se retiraient du quartier, tandis qu'un responsable du gouvernement syrien a déclaré que l'armée avait investi le secteur.

«Marie Colvin est une martyre de Baba Amr parce qu'elle envoyait un message divin, un message humanitaire», affirme le docteur Al-Mohammed, qui semble au bord des larmes, dans l'une des vidéos.«Elle disait la vérité sur ce qui se passe à Baba Amr. Que Dieu soit miséricordieux envers toi, Marie, alors que nous t'enterrons dans ce jardin.»

Dans une autre vidéo, il affirme que Rémi Ochlik «faisait son devoir humanitaire (...) pour envoyer les vraies images de ce qui se passe à Baba Amr pendant les moments les plus terribles».

Le contenu des deux vidéos n'a pas pu être vérifié de source indépendante.

Dans la vidéo sur Marie Colvin, la caméra montre un corps enveloppé dans un tissu blanc où figure une étiquette avec la mention «Marie Colvin» en anglais. L'homme soulève le tissu pour montrer le visage grièvement brûlé du corps, qui ne peut être clairement reconnu comme celui de la journaliste.

«Que Dieu soit miséricordieux envers elle», affirme l'homme. «Que Dieu soit avec nous.»

Il répète les mêmes gestes dans la vidéo sur Rémi Ochlik. On y voit un visage qui ressemble à celui du jeune photographe, avec des blessures près de la bouche et du nez.

Marie Colvin et Rémi Ochlik ont été tués le 22 février lors d'une attaque qui a aussi blessé la journaliste française Édith Bouvier et le photographe britannique Paul Conroy.

Le président français Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi soir qu'Édith Bouvier et son collègue William Daniels avaient réussi à sortir de Syrie et se trouvaient désormais en sécurité au Liban.

Paul Conroy et un autre journaliste blessé, l'Espagnol Javier Espinosa, ont pu sortir de Syrie plus tôt cette semaine grâce à l'aide de militants syriens. L'opération a coûté la vie à 13 Syriens, selon l'organisation Avaaz.

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