Harper accuse le Parti libéral d'être derrière les appels frauduleux

Stephen Harper

Première Publication: 1/03/2012 16:34 Mis à jour: 2/03/2012 10:59

OTTAWA - Dans l'eau chaude à cause d'allégations de fraude électorale qui s'accumulent contre son parti, Stephen Harper contre-attaque et rejette le blâme sur les libéraux pour des appels téléphoniques harcelants faits peu avant le scrutin.

Bombardé de questions au sujet d'appels téléphoniques trompeurs en Chambre depuis le début de la semaine par l'opposition, le premier ministre a décidé jeudi de s'en prendre à ses adversaires.

Il a affirmé que des appels harcelants en provenance des États-Unis — dont se plaignent les libéraux — ont été faits par une entreprise embauchée par les libéraux, car ses propres troupes n'ont retenu les services d'aucune firme américaine.

«Le Parti libéral a dit que ces appels 'originent' des États-Unis, mais seulement le Parti libéral a fait de tels appels à partir des États-Unis. La réalité, c'est qu'il revient au Parti libéral de donner la preuve et de démontrer que ce n'est pas lui qui a fait ces appels aux électeurs», a lancé M. Harper au Parlement.

Cette défense survient après que le Parti libéral ait montré du doigt les conservateurs pour des appels harcelants et désagréables faits par des personnes se faisant passer pour des représentants libéraux. Les appels ont été faits tard en soirée ou encore lors du Sabbat à certains électeurs de confession juive, le tout afin de les décourager de voter pour le Parti libéral. Plusieurs de ces appels provenaient d'un indicatif régional américain.

Ces appels sont différents de ceux rapportés par des citoyens qui affirment avoir été la cible de personnes se présentant faussement comme des employés d'Élections Canada, les dirigeant vers de faux bureaux de vote le 2 mai dernier.

Le chef intérimaire du Parti libéral, Bob Rae, a affirmé qu'aucun libéral n'avait fait d'appels à partir des États-Unis. Il a offert de fournir tous ses contrats téléphoniques à M. Harper, tout en l'incitant à faire de même.

«Nous sommes prêts à donner toute l'information sur les questions posées, à dire à qui nous avons téléphoné et à dire pourquoi nous leur avons téléphoné. Est-ce que le premier ministre est prêt à faire la même chose, oui ou non?», a demandé M. Rae aux Communes jeudi, dans un échange musclé avec le premier ministre.

Selon lui, Stephen Harper cherche à détourner l'attention des accusations qui pèsent sur sa formation politique.

«C'est un gouvernement qui se spécialise dans les écrans de fumée, a déclaré M. Rae. Ils sont en train d'attaquer parce qu'ils ne veulent pas répondre aux questions difficiles.»

Les conservateurs basent leurs allégations notamment sur le fait que les libéraux auraient fait affaire avec la firme américaine Prime Contact pour des appels lors de la campagne.

Bob Rae explique que l'une des entreprises engagées par les libéraux, Prime Contact, est canadienne. Une autre entreprise du même nom est basée aux États-Unis mais n'aurait aucun lien avec la firme canadienne, plaide-t-il. Quant aux appels harcelants qui auraient été faits à partir d'un téléphone du Dakota du Nord, M. Rae dit que le numéro n'a que peu d'importance, puisqu'il s'agit vraisemblablement d'un cellulaire fantôme, enregistré sous un faux nom et non retraçable.

Il admet néanmoins qu'il est possible qu'il ne soit pas au courant de tous les faits et gestes de toutes les campagnes locales — comme cela peut être le cas pour M. Harper — et qu'il est en train de vérifier auprès de celles-ci sur ce qui s'est passé lors des élections.

Le député néo-démocrate Alexandre Boulerice ne croit pas que les libéraux soient derrière cette affaire des appels trompeurs. Il dit que les informations qu'il reçoit blâment plutôt les troupes conservatrices.

Les conservateurs persistent à dire que l'opposition ne détient aucune preuve contre eux, et mène une campagne visant à salir leur réputation.

Élections Canada a entrepris une enquête pour des appels frauduleux sur des changements de bureaux de vote dans au moins une circonscription, celle de Guelph, en Ontario.

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Publié par Patrick White  |