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Un détenu de Guantanamo plaide coupable et évite la prison à vie

29/02/2012 06:53 EST | Actualisé 30/04/2012 05:12 EDT

GUANTANAMO, Cuba - Un ancien résidant des États-Unis a plaidé coupable, mercredi à Guantanamo, d'avoir aidé le réseau terroriste Al-Qaïda à préparer des attentats à partir de son Pakistan natal, après avoir conclu un accord de plaidoyer avec le gouvernement américain qui lui permet d'éviter la prison à vie en échange de sa collaboration pour faire condamner d'autres détenus de la base américaine.

Majid Khan est considéré comme le plus important prisonnier de la base de Guantanamo à avoir plaidé coupable jusqu'à maintenant.

L'accusé, qui a fait sa première apparition publique depuis le début de sa détention secrète en 2003, a semblé calme quand il a été questionné par le juge pour savoir s'il comprenait bien l'accord conclu avec le gouvernement. Ses avocats ont affirmé qu'il avait versé quelques larmes lors du passage en revue de son dossier et qu'il regrettait ses gestes.

«Il a des remords», a dit le lieutenant-colonel Jon Jackson, son avocat nommé par le Pentagone. «Il aurait aimé ne jamais être impliqué dans Al-Qaïda.»

Majid Khan, âgé de 32 ans, est le première détenu de «haut calibre» de Guantanamo à plaider coupable aux accusations portées contre lui. Sa coopération pourrait fournir une aide significative au gouvernement américain dans les procédures contre Khalid Cheikh Mohammed, le cerveau auto-proclamé des attentats du 11 septembre 2011, et d'autres terroristes détenus sur la base de Guantanamo.

Les avocats de Majid Khan affirment qu'il a été torturé lors de sa détention secrète par la CIA avant d'être transféré à Guantanamo en septembre 2006.

Il était passible de la prison à vie s'il avait été condamné lors d'un procès pour conspiration, meurtre, tentative de meurtre, espionnage et pour avoir fourni du matériel de soutien au terrorisme. Les procureurs affirment que Majid Khan a comploté avec Khalid Cheikh Mohammed pour faire exploser des réservoirs d'essence aux États-Unis, pour assassiner l'ancien président pakistanais Pervez Musharraf et pour fournir une assistance à Al-Qaïda.

En vertu de l'accord de plaidoyer, le responsable du Pentagone qui supervise les tribunaux de Guantanamo a accepté de ne pas demander une peine de plus de 19 ans si Majid Khan coopère pleinement avec les autorités. Si les procureurs estiment qu'il n'a pas coopéré suffisamment, sa peine sera portée à 25 ans.

Le juge militaire, le colonel James Pohl, lui a dit que rien dans l'accord n'empêchait le gouvernement américain de le détenir après la fin de sa peine, même si rien n'indique qu'une telle situation pourrait se produire.

«Je fais un acte de foi», a dit Majid Khan. «C'est tout ce que je peux faire.»

Majid Khan est le septième prisonnier de Guantanamo à être reconnu coupable de crimes de guerre et le cinquième à avoir conclu un accord de plaidoyer. Les États-Unis détiennent présentement 171 hommes sur la base de Guantanamo, dont 35 qui pourraient être poursuivis pour crimes de guerre.

Andrea Prasow, une avocate de Human Rights Watch qui a assisté à l'audience de mercredi en tant qu'observatrice, a affirmé que le plaidoyer de culpabilité de Majid Kahn représentait une victoire pour le gouvernement, qui obtient ainsi une condamnation sans devoir se défendre des allégations de torture du prisonnier. Elle s'attend à d'autres accords du genre à Guantanamo.

«C'est une importante incitation à l'accord de plaidoyer (pour les détenus de) Guantanamo qui ne savent pas combien de temps ils seront détenus, ni s'ils seront libérés un jour ou s'ils auront droit à un procès juste», a estimé Mme Prasow.

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