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Sénégal: le président Abdoulaye Wade devra affronter Macky Sall au deuxième tour

29/02/2012 05:41 EST | Actualisé 30/04/2012 05:12 EDT

DAKAR, Sénégal - Le président sénégalais sortant devra affronter son ancien protégé lors d'un deuxième tour, selon les résultats provisoires de l'élection présidentielle publiés mercredi soir, qui représentent un revers humiliant pour Abdoulaye Wade.

M. Wade, dont la décision de briguer un troisième mandat a exaspéré de nombreux Sénégalais, a obtenu 942 546 votes, soit 34,82 pour cent des suffrages. Il n'atteint donc pas les 50 pour cent requis pour éviter la tenue d'un second tour, comme il l'avait fait il y a cinq ans quand sa campagne était dirigée par son ancien premier ministre Macky Sall.

Cette fois-ci, Abdoulaye Wade, âgé de 85 ans, affrontera justement Macky Sall au deuxième tour. M. Sall est arrivé deuxième avec 719 369 votes, soit 26,57 pour cent des voix, selon les résultats provisoires annoncés par le président de la Cour d'appel, le juge Demba Kandji.

En troisième et quatrième places figurent deux autres membres du cercle rapproché d'Abdoulaye Wade tombés en disgrâce: l'ex-premier ministre Moustapha Niasse, avec 13,2 pour cent des voix, et l'ex-premier ministre Idrissa Seck, avec 7,86 pour cent des voix.

Ces résultats constituent une défaite embarrassante pour Abdoulaye Wade qui, selon les experts, devait l'emporter au premier tour pour maintenir son emprise sur le pouvoir. Au premier tour, il affrontait 13 autres candidats et l'opposition était divisée. Ses chances de l'emporter au deuxième tour seraient plus faibles puisque l'opposition tentera probablement de s'unir derrière Macky Sall.

La popularité déclinante de M. Wade était évidente quand il s'est rendu voter dimanche. Plutôt que d'être applaudi par ses partisans, il a été chahuté par des centaines de membres de l'opposition. Les opposants estiment que le président sortant a violé la Constitution en briguant un troisième mandat, alors qu'il a lui-même introduit un amendement qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

«Le 26 février 2012, vous avez clairement et en grande majorité fait entendre votre voix pour mettre fin au régime du président en exercice», a dit M. Sall lors d'une conférence de presse mercredi. «Deux Sénégalais sur trois ont choisi d'ouvrir une nouvelle page de notre histoire (...) Le Sénégal est arrivé à un point tournant.»

L'ancien premier ministre a présenté les réformes qu'il espère mener s'il remporte le deuxième tour au mois de mars, dont la date précise n'a pas encore été annoncée. Les résultats diffusés mercredi sont considérés comme provisoires jusqu'à ce que les demandes d'appel aient été entendues.

Les partisans de Macky Sall ont applaudi à tout rompre quand il a annoncé qu'il entendait amender la Constitution pour réduire la durée du mandat présidentiel de sept à cinq ans.

Pendant la majeure partie de l'histoire post-coloniale du Sénégal, le mandat présidentiel durait sept ans. Quand Abdoulaye Wade a été élu en 2000, il l'a réduit à cinq ans. Mais il a ensuite changé d'idée et a modifié la Constitution en 2008 pour ramener le mandat à sept ans.

«Je proposerai une réforme de la Constitution qui aura pour effet, entre autres, de réduire le mandat du président de la République à cinq ans, renouvelable une seule fois. Et je suis ici pour dire que j'appliquerai cette réforme à moi-même. Je m'engage à assumer un mandat de cinq ans», a dit M. Sall.

«Et cette réforme (...) ne pourra être modifiée de nouveau. Le président n'est pas un roi. C'est un homme qui a obtenu le droit de gouverner pour une durée limitée.»

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