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Sables bitumineux: McGuinty se dit surpris par la réaction à ses propos

29/02/2012 03:19 EST | Actualisé 30/04/2012 05:12 EDT

TORONTO - Le premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty, a essayé mercredi de calmer la tempête qu'il a soulevée ces derniers jours en disant qu'il préférait un dollar canadien plus faible plutôt qu'une croissance du secteur des hydrocarbures dans l'ouest du pays.

M. McGuinty a admis avoir été quelque peu pris de court par les réactions suscitées par ses propos de lundi, quand il avait affirmé que la robustesse du «pétro-dollar» canadien nuisait aux manufacturiers et exportateurs de l'Ontario.

Ses commentaires avaient rapidement été condamnés par la première ministre albertaine, Alison Redford, et son homologue de la Saskatchewan, Brad Wall, qui lui avaient reproché de créer inutilement la division.

«Je pense que je dois clarifier ma position. Je suis très, très fier du travail accompli par toutes les provinces pour renforcer l'économie du pays», a déclaré le premier ministre ontarien aux journalistes mercredi. «Nous sommes en partenariat étroit avec les Canadiens d'un océan à l'autre.»

Ce mea culpa n'était pas suffisant pour Mme Redford, qui soutient que l'économie canadienne entière, et celle de l'Ontario en particulier, bénéficie des retombées des sables bitumineux.

Elle a dit croire en entrevue à une émission de radio que Dalton McGuinty devait des excuses à l'Alberta.

La première ministre a laissé entendre que les propos tenus par M. McGuinty lundi découlaient sans doute des difficultés financières de son gouvernement.

«Ce n'est vraiment pas facile là-bas. Parce que l'Ontario a beaucoup dépensé, elle est très endettée et son déficit s'annonce élevé. Elle n'aura pas le choix d'accepter la situation», a affirmé la chef du Parti progressiste-conservateur de l'Alberta, où des élections provinciales auront lieu dans les prochaines semaines.

«Ce que nous disons à l'Ontario, c'est que nous lui offrons la possibilité de stimuler son économie afin de régler une partie de son problème.»

Même s'il ne s'est pas excusé pour ses déclarations de lundi, Dalton McGuinty a semblé regretter de ne pas avoir pu réfléchir davantage avant de les prononcer.

«Il peut être difficile dans ce genre de contexte de communiquer exactement ce que l'on veut dire. Je travaille en temps réel. Alors parfois, je n'ai pas le temps de réviser avant d'aller sous presse comme vous en avez le luxe», a-t-il dit en s'adressant aux journalistes.

Le premier ministre ontarien a rappelé qu'il avait grandi dans une famille de 10 enfants, comme les 10 provinces canadiennes, et que chaque enfant avait ses propres forces.

L'Ontario se plaint de voir le gouvernement fédéral financer les sables bitumineux de l'Alberta et les projets énergétiques d'autres provinces, mais ne rien lui offrir quand vient le temps de fermer ses centrales au charbon pour se tourner vers l'énergie verte.

M. McGuinty dit avoir discuté avec Mme Redford de l'inclusion de l'Ontario dans la stratégie énergétique fédérale. «J'aimerais que ça comprenne une stratégie d'énergie verte et le travail que nous abattons, ici en Ontario, a-t-il dit. J'aimerais que cette vision soit élargie pour que nous puissions la partager, d'un bout à l'autre du pays.»

L'Institut canadien de recherche sur l'énergie, de Calgary, soutient que l'exploitation des sables bitumineux générera des retombées de 63 milliards $ et la création de 65 000 emplois en Ontario au cours des 25 prochaines années. Le Québec et la Colombie-Britannique profiteraient quant à eux de retombées plus modestes.

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