Piratage: Charbonneau doit prendre ses responsabilités, selon le gouvernement

France Charbonneau

Première Publication: 29/02/2012 15:48 Mis à jour: 2/03/2012 11:00

QUEBEC - Le gouvernement Charest lance une mise en garde à la juge France Charbonneau sur le piratage possible des communications de sa commission: elle doit y voir.

Des pirates informatiques auraient intercepté des courriels adressés à la commission, ce qui laisse craindre pour la confidentialité des renseignements transmis.

Toutefois, la commission oppose un démenti ferme: il n'y a eu «aucune intrusion» dans le site internet de l'organisme et le site devait être réactivé mercredi soir, selon son porte-parole.

Le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, a soutenu, mercredi, que la juge Charbonneau doit prendre ses responsabilités.

«Mme Charbonneau est indépendante de ses gestes, elle doit s'assurer du bon fonctionnement de sa commission, c'est à elle à voir aux choses», a-t-il déclaré à la sortie du caucus libéral.

Il n'a pas voulu s'avancer sur les suites à donner à ce présumé piratage. «Est-ce qu'il y aura des enquêtes? Peut-être, je ne sais pas, on verra à ce moment-là.»

Il a ajouté qu'il ne savait pas si le site de la commission est fiable ou non.

Sept courriels auraient été interceptés par un pirate et ils ont été acheminés au site QuébecLeaks.

Quatre d'entre eux concernent la Ville de Montréal et touchent principalement un service municipal. On y parle notamment de circulation d'argent comptant, d'une carte de débit offerte à un fonctionnaire et d'une entreprise de construction qui aurait soudoyé une employée.

Cependant, la commission assure que ces courriels ne proviennent pas de son site et qu'il n'y a jamais eu piratage.

«On a pris l'information au sérieux, on a fait faire des vérifications et en aucun temps, il n'y a eu d'intrusion sur le site de la commission», a déclaré le porte-parole, Richard Bourdon, en entrevue téléphonique mercredi.

Il a garanti à la population la sécurité et la confidentialité des communications, sans pouvoir l'assurer à 100 pour cent.

«On s'est assuré d'un niveau de sécurité maximum. Mais il y a toujours un pourcentage minime de risque (...). La sécurité du web a ses limites», a-t-il admis.

Le site est hébergé par le gouvernement, mais la commission écarte l'idée de faire appel à un fournisseur indépendant pour l'héberger hors de toute influence.

«C'est un serveur indépendant géré (...) par le gouvernement, mais ces gens-là n'ont pas accès à l'information qui est sur le site», selon M. Bourdon.

Il a souligné que la commission avait reçu plus de 200 messages par courriel ou par téléphone depuis l'appel lancé à la population par la juge Charbonneau le 21 février.

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Publié par Patrick White  |