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L'usine RockTenn de Matane ferme ses portes: une centaine d'emplois sont perdus

29/02/2012 02:29 EST | Actualisé 30/04/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - L'économie de la ville de Matane, dans le Bas-Saint-Laurent, a pris un dur coup mercredi alors que la firme RockTenn a annoncé la fermeture permanente de son usine de carton, qui emploie une centaine de personnes.

L'usine avait été fermée sur une base temporaire à la fin du mois de janvier.

Le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP-FTQ) se dit consterné par la décision, déplorant notamment que l'employeur n'ait pas pris le temps de rencontrer les travailleurs.

Le syndicat est particulièrement déçu de la tournure des événements dans un contexte où l'usine venait à peine d'être modernisée.

«Ce qui est un peu surprenant pour nous c'est que cette usine a été modernisée à la hauteur de 10 millions $ provenant d'Investissement Québec et de la ville de Matane pour la placer dans le premier quartile en ce qui a trait aux coûts de production», a expliqué le vice-président pour le Québec du SCEP, Renaud Gagné.

La modernisation a toutefois été faite par l'ancien propriétaire de l'usine, Smurfit Stone, de sorte qu'il serait difficile d'exiger un remboursement des deniers publics de RockTenn, qui a acheté l'usine il y a un peu moins d'un an.

L'entreprise se dit toutefois prête à vendre les installations à condition qu'un éventuel acheteur s'engage à ne pas lui faire concurrence dans le même créneau, une option qui est tout à fait réaliste, selon Renaud Gagné.

«Je ne vois pas comment on pourrait laisser aller une usine comme celle-là, qui est moderne avec les nouvelles chaudières à biomasse, tant au niveau environnemental que de l'efficacité», a-t-il dit.

M. Gagné a précisé que ces investissements, combinés aux efforts consentis par les employés, font de l'usine de Matane une prise de choix.

«Les travailleurs ont fait des efforts majeurs tant au niveau des économies de coûts de production que de la réduction des équipes au minimum, pour réduire les coûts le plus possible. Dans les usines qui produisent ce genre de papier, ils étaient classés parmi les meilleurs au monde», a-t-il dit.

Pourquoi l'avoir fermée, dans ce cas? Le syndicaliste y voit une combinaison malheureuse de facteurs économiques liés au modèle d'affaires des géants de l'industrie.

«Le marché ne semble pas trop être là. Évidemment, la baisse de l'euro change la donne. Aussi, quand il y a des transactions avec des grandes sociétés comme celles-là, elles ont parfois une autre usine semblable ailleurs et ils prennent des décisions en fonction du marché et, quand le marché n'est plus aussi bon, ils ferment une des deux», a-t-il dit.

Le SCEP interpelle d'ailleurs le gouvernement et le premier ministre Jean Charest afin de tout mettre en oeuvre non seulement pour relancer l'usine mais aussi pour protéger sa force de travail.

«On va demander (au ministre des Ressources naturelles, Clément) Gignac et (au ministre du Développement économique, Sam) Hamad de créer un comité d'étude pour voir comment on peut transformer cette usine pour ne pas perdre aussi l'expertise de la main-d'oeuvre. Avec ces fermetures, ce qu'on craint c'est que de moins en moins de jeunes s'inscrivent dans les programmes où l'on forme les travailleurs pour aller dans les usines de pâtes et papiers», a expliqué Renaud Gagné.

Le syndicat entend aussi rencontrer la direction de l'usine dans les prochains jours afin de discuter des départs à la préretraite.

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