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Les troupes syriennes auraient lancé une offensive terrestre sur Bab Amr

29/02/2012 05:52 EST | Actualisé 30/04/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Les forces gouvernementales syriennes avançaient mercredi dans le quartier de Bab Amr, dans la ville rebelle de Homs, où des journalistes occidentaux et quelque 100 000 habitants sont bloqués en raison des combats. Les troupes gouvernementales semblent avoir lancé une offensive terrestre pour reprendre ce quartier devenu un symbole du soulèvement contre le régime de Bachar el-Assad.

Homs, et en particulier Bab Amr, est soumis au pilonnage depuis plus de trois semaines. Une offensive terrestre était en cours mercredi, d'après un responsable syrien, qui a affirmé que le quartier allait être «nettoyé» dans les prochaines heures.

Les forces gouvernementales ont découvert un tunnel de presque un kilomètre qui était utilisé par des militants pour faire passer des gens, des vivres et des médicaments dans le quartier, ont précisé des militants, sans pouvoir dire si le régime allait le bombarder.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, une organisation établie au Royaume-Uni, l'électricité a été coupée dans les quartiers de Bayadah et Khaldiyeh et l'armée a redéployé des forces dans ce qui pourrait être la préparation à une attaque sur ces quartiers.

Quatre journalistes occidentaux, dont deux blessés, étaient pris au piège depuis la semaine dernière dans le quartier Bab Amr. L'un d'eux, le photographe britannique Paul Conroy, a pu être évacué mardi vers le Liban voisin, lors d'une opération au cours de laquelle 13 Syriens ont été tués, selon des militants.

Le gouvernement français a confirmé mercredi que deux journalistes français étaient toujours bloqués à Bab Amr, soit Édith Bouvier, du «Figaro», et William Daniels. Édith Bouvier et Paul Conroy ont été blessés la semaine dernière dans l'attaque qui a coûté la vie à la journaliste américaine Marie Colvin et au photojournaliste français Rémi Ochlik.

La compagne du journaliste espagnol Javier Espinosa, qui travaille pour «El Mundo», a déclaré dans mercredi soir qu'il avait réussi à s'échapper de Homs pour gagner le Liban voisin. Selon Monica Garcia Prieto, Édith Bouvier et William Daniels sont toujours bloqués à Baba Amr.

À Damas, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a affirmé que la Syrie s'engageait à procéder à une évacuation humanitaire des journalistes étrangers de la province de Homs, mais il a assuré que les tentatives du gouvernement avaient été contrecarrées par des hommes armés. Jihad Makdesi a ajouté que des journalistes étrangers étaient entrés illégalement en Syrie, «ce qui laisse sceptique sur la nature de leur mission et la réalité de leur travail».

Des soldats sont aussi entrés à Halfaya, dans la province de Hama, près de Homs, après cinq jours de bombardements intenses, selon des militants. La ville rebelle de Rastan, au nord de Homs, est bombardée et il y aurait des victimes, d'après les militants.

Mardi, l'ONU a estimé que plus de 7500 personnes avaient été tuées dans les violences en Syrie depuis le début de la contestation contre le régime de Bachar el-Assad. Selon des militants syriens, le bilan a dépassé les 8000 morts, dont près de 6000 civils, les autres étant des soldats ou des déserteurs combattant le régime. Pour les seules journées de lundi et mardi, des militants ont fait état de plus de 250 personnes tuées.

Des militants des droits de la personne ont estimé que des centaines de personnes avaient été tuées à Bab Amr depuis le 4 février, date du début de l'assaut contre Homs, troisième ville du pays, qui compte environ un million d'habitants.

L'Observatoire a aussi affirmé que deux personnes avaient été tuées mercredi dans la ville de Deir el-Zour, dans l'est, et dans le village de Maghara, dans le nord.

À New York, la secrétaire générale adjointe de l'ONU aux affaires humanitaires et coordonnatrice des secours d'urgence, Valerie Amos, a affirmé que la Syrie avait repoussé ses demandes visant à se rendre sur place.

Dans un communiqué, Mme Amos s'est dite «profondément déçue» que Damas ait décliné ses requêtes visant à rencontrer les responsables du régime «pour discuter de la situation humanitaire et de la nécessité d'avoir un accès libre aux personnes affectées par la violence».

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