NOUVELLES

La Corée du Nord accepte un moratoire sur ses activités nucléaires

29/02/2012 09:21 EST | Actualisé 30/04/2012 05:12 EDT

WASHINGTON - La Corée du Nord a accepté mercredi de suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium et ses tests de missiles nucléaires à longue portée, en échange d'une aide alimentaire.

L'accord, annoncé simultanément par Pyongyang et Washington, pourrait ouvrir la voie à la reprise des négociations à six (avec la Corée du Sud, la Chine, le Japon et la Russie), dont la Corée du Nord s'est retirée en 2009.

Deux mois après la mort du dirigeant nord-coréen Kim Jong-il, l'accord laisse supposer que son successeur, son fils Kim Jong-un, soit prêt à améliorer les relations avec les États-Unis et à obtenir de l'aide humanitaire.

La secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a qualifié le moratoire de «modeste premier pas» dans la bonne direction, mais aussi de «rappel que le monde se transforme autour de nous».

La Corée du Nord a fait une concession majeure en acceptant que les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) vérifient et surveillent l'application du moratoire sur l'enrichissement d'uranium dans le complexe nucléaire de Yongbyon, un programme dévoilé en 2010.

L'enrichissement d'uranium donnerait à la Corée du Nord un deuxième moyen de fabriquer des armes nucléaires, en plus de son programme actuel à base de plutonium. La Corée du Nord a mené deux tests nucléaires depuis 2006 ainsi qu'un test de roquette à longue portée, un geste de défiance face aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU.

Les inspecteurs de l'AIEA devront aussi confirmer que le réacteur de Yongbyon et l'équipement associé ont bien été désactivés, selon les États-Unis.

Devant un comité du Congrès, Hillary Clinton a déclaré que les négociateurs américains rencontreraient des représentants de la Corée du Nord pour finaliser les détails d'une livraison de 240 000 tonnes d'aide alimentaire, qu'elle a qualifiée d'«assistance nutritionnelle». Mme Clinton a indiqué qu'une surveillance intensive de l'aide serait requise, reflétant la préoccupation de Washington qui craint que l'aide ne soit détournée par l'armée nord-coréenne.

La Corée du Nord a souffert d'une famine dans les années 1990 et a demandé une assistance alimentaire l'an dernier pour compenser les pénuries alimentaires chroniques dans le pays.

Pyongyang a annoncé la conclusion de l'accord par le biais de l'agence de presse officielle KCNA. Un porte-parole non identifié du ministère des Affaires étrangères a déclaré que son pays acceptait le moratoire nucléaire et le contrôle de l'AIEA «afin de maintenir une atmosphère positive» pour les négociations avec les États-Unis.

L'annonce de cet accord survient après des discussions, la semaine dernière à Pékin, entre des négociateurs américains et nord-coréens, les premiers pourparlers entre les deux parties depuis la mort de Kim Jong-il, en décembre.

Les observateurs surveillent attentivement la façon dont le jeune Kim Jong-un, qui serait âgé dans la vingtaine, gère la diplomatie nucléaire avec les États-Unis et les relations délicates avec la Corée du Sud. Depuis la mort de Kim Jong-il, la Corée du Nord a promis de poursuivre ses politiques et a lié le programme nucléaire à l'héritage du dirigeant défunt. De nombreux observateurs pensent que Pyongyang n'abandonnera pas son programme nucléaire de sitôt.

«La Corée du Nord se sert (de son programme nucléaire) comme levier pour obtenir des concessions en retour de mesures de désarmement, a expliqué Baek Seung-joo, analyste à l'Institut sud-coréen d'analyse de la défense. Depuis la mort de Kim Jong-il, le régime a qualifié (le programme) de plus grand accomplissement du pays. Il y a encore beaucoup de chemin à faire.»

PLUS:pc