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La CAQ est confuse quant au sort réservé aux employés des agences de santé

29/02/2012 01:18 EST | Actualisé 30/04/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - La confusion régnait mercredi au sein de la Coalition avenir Québec (CAQ) au sujet de son engagement d'abolir les agences régionales de santé.

En point de presse, le porte-parole de la CAQ en matière de santé, François Bonnardel, a d'abord affirmé que 2500 fonctionnaires au service des ces agences perdraient leur emploi, un chiffre nettement supérieur aux 1000 postes abolis évoqués par le chef François Legault.

Son collègue député de Beauce-Nord, Janvier Grondin, a pour sa part avancé qu'il n'y aurait pas de mises à pied avant de se raviser et de concéder qu'il y en aurait peut-être.

Pour ajouter à l'équivoque, M. Bonnardel a par la suite assuré que la CAQ n'avait nullement l'intention de remettre en question la sécurité d'emploi dont profitent les employés de l'État.

Si elle prend le pouvoir, la CAQ s'engage à éliminer les agences régionales de santé pour dégager des économies de 103 millions $, une somme qui serait réallouée aux médecins omnipraticiens.

Ces agences «ne servent à rien», a lancé M. Bonnardel qui avait convoqué la presse parlementaire mercredi pour dénoncer les mauvais traitements réservés aux personnes âgées dans certains Centres d'hébergement de soins de longue durée (CHSLD).

De l'avis de la CAQ, cette structure intermédiaire ne fait qu'alourdir un organigramme d'une grande complexité. Soucieuse d'investir plus de ressources pour les services à la population, la Coalition entend tirer un trait sur les agences, a fait valoir le député de Shefford.

Tout en précisant ne pas avoir «le chiffre exact», M. Bonnardel a indiqué qu'«à peu près 2500» fonctionnaires «vont perdre leur emploi».

«S'il y en a qui veulent se replacer ailleurs, ils vont se replacer, c'est tout», a-t-il dit.

Du reste, la CAQ ne remet «pas du tout» en question la sécurité d'emploi dans la fonction publique, a ajouté M. Bonnardel.

«Il y a certainement des gens, dans les agences, qui voudront peut-être participer au système, dont des ex-médecins qui sont peut-être proches de la retraite qui vont vouloir retourner à la pratique. Il y a peut-être des super-infirmières qui vont être découvertes aussi», a-t-il tenté d'expliquer.

À ses côtés, le député Grondin a saisi la balle au bond, prédisant qu'«il n'y aura pas de pertes d'emplois», mais du «reclassement dans le système».

Aussitôt dit, il s'est ravisé. «Il peut y en avoir, des pertes d'emplois», a-t-il laissé tomber.

La CAQ s'émeut du triste sort des aînés mais la disparition des 16 agences régionales de santé n'aurait pas pour effet d'accroître les investissements pour améliorer leurs conditions de vie.

En effet, les millions de dollars qu'espère économiser la CAQ avec l'abolition des agences serviraient à augmenter la rémunération des médecins omnipraticiens.

«On va prendre l'argent des agences pour que nos omnis soient mieux rémunérés», a dit le député de Shefford.

Mis au courant des tergiversations des députés caquistes, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, s'est empressé de soulever des doutes sur le sérieux des orientations de la Coalition.

«Dans un premier temps, il y a la sécurité d'emploi, ils ne pourraient pas congédier des gens le lendemain matin. (...) Ils ne comprennent pas comment ça fonctionne, c'est inquiétant pour le Québec et les Québécois de voir des gens comme ça qui vont venir brasser et démolir le réseau de la santé», a-t-il dit, comme s'il tenait pour acquis que la CAQ prendra le pouvoir.

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