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Jeunesse au Soleil : urgences sociales

29/02/2012 04:53 EST | Actualisé 29/02/2012 04:53 EST
David Nathan

En 1954, un groupe de jeunes lance le «Clark Street Sun», un journal de quartier écrit à la main qui s'adresse aux jeunes du quartier de la «Main». Ce journal, tiré à deux copies, est loué aux familles du quartier à raison de deux sous. Les faibles profits générés permettent néanmoins l'achat d'équipements sportifs et l'organisation d'activités.

Cinquante-huit ans plus tard, le journal a disparu, mais a donné naissance à Sun Youth / Jeunesse au Soleil, un organisme qui emploie 68 personnes à plein temps et qui vient en aide à plus de 70000 personnes par an grâce à ses paniers-repas.

Cette banque alimentaire créée en 1981 représente la plus grosse activité de l'organisme. Les contributions se font sous forme de dons monétaires ou en denrées non périssables, l'organisme de charité réussit à distribuer annuellement 25000 paniers-repas, dont 6000 simplement pour la période de Noël.

Nicolas Carpentier, coordonnateur aux communications de Jeunesse au Soleil ne peut que constater une croissance de la demande. «Depuis 2008, nous ressentons l'effet de la crise financière de façon très prononcée; le nombre de familles qui font la demande de paniers a augmenté de 25%. Pendant longtemps nous ne faisions la collecte de denrées alimentaires que pendant la période hivernale, mais nous sommes désormais obligés de la faire tout au long de l'année. Malheureusement, avec les ressources que l'on a aujourd'hui, on est à la limite de ce qu'on peut faire.»

Ce sont plus de 1000 bénévoles qui participent de près ou de loin aux différentes activités de l'organisme parmi lesquelles on trouve des services d'urgences. Aide à domicile pour personnes à mobilité réduite, aide aux sinistrés, aides médicales, mais aussi des activités sportives (la bâtisse de la rue Saint-Urbain possède son propre gymnase) et de prévention du crime en collaboration avec le SPVM et la Sûreté du Québec.

«Ce département qui a été mis sur pied en 1970 vise à faire de la prévention de terrain grâce à nos patrouilles en vélo», explique Nicolas Carpentier.

Jeunesse au Soleil fait partie des trois bénéficiaires de la Grande Guignolée des médias. Grâce à ses 18000 donateurs, l'organisme récolte 1,9 million de dollars par an, une somme insuffisante selon Nicolas Carpentier. «L'argent, c'est le nerf de la guerre, on a conscience que le gouvernement fait des efforts, qu'il a conscience des problèmes, mais on est constamment en recherche de financement .»

Pour favoriser les dons, l'organisme a notamment revampé entièrement son site internet en 2011. «Cela devrait nous permettre de mieux communiquer sur nos différentes activités, de rejoindre une plus grande audience et faciliter les dons en ligne», explique Nicolas Carpentier.

Sans amertume, Nicolas Carpentier constate la réalité à laquelle il est confronté au quotidien. «Notre simple existence démontre qu'il existe un problème. Nous ne cherchons pas à revendiquer quoi que ce soit; nous souhaitons simplement conscientiser les gens à propos de ces inégalités sociales. En attendant que les choses s'améliorent, on vient en aide aux gens, on est une grande salle d'urgence; on règle les bobos à mesure qu'ils se présentent .»

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