POLITIQUE

Inspections dans les CHSLD: la ministre Vien demande des comptes au réseau

29/02/2012 02:35 EST | Actualisé 30/04/2012 05:12 EDT
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QUÉBEC - La ministre Dominique Vien plonge le gouvernement dans l'embarras, ayant bien du mal à expliquer pourquoi les lacunes observées au cours des dernières années dans certains CHSLD n'ont toujours pas été corrigées.

Elle a reconnu ne pas avoir en mains un portrait global de la situation, quant aux suites données aux rapports d'inspections faits dans ces établissements pour personnes âgées en perte d'autonomie.

En catastrophe, la ministre déléguée aux Services sociaux avait convoqué les 16 présidents d'agences régionales de la santé et des services sociaux qui chapeautent les CHSLD, mercredi matin, pour exiger un état de situation et un plan de redressement dans les plus brefs délais pour l'ensemble du réseau.

En point de presse, elle a qualifié la rencontre avec les présidents d'«assez corsée, mais franche». Un rapport des présidents d'agences est attendu impatiemment, «d'ici quelques semaines».

Mme Vien a dit souhaiter qu'un meilleur suivi soit effectué à l'avenir et que les correctifs requis soient appliqués sans délai lorsque des lacunes sont observées par les inspecteurs du ministère, quant aux services et aux soins prodigués aux 40 000 personnes âgées qui résident dans ces centres.

«J'ai envoyé un message très clair aux P.D.G. des agences», a dit la ministre en Chambre, en réponse aux questions de l'opposition, refusant de prendre le blâme.

Dans le passé, des rapports d'inspection soulevant divers problèmes liés à l'alimentation et à l'hygiène, notamment, sont restés sans suite, et cela ne doit plus se reproduire, a dit la ministre.

En entrevue à l'animateur Paul Arcand, sur les ondes du 98,5, mercredi matin, la ministre Vien n'arrivait pas à expliquer pourquoi aucun suivi n'avait été effectué par son ministère après la publication des rapports d'inspections des années passées contenant des lacunes à corriger dans certains CHSLD.

«Je n'ai pas de réponse intelligente à vous donner», a laissé tomber Mme Vien, qui a par la suite refusé de répondre, quand l'animateur lui a demandé si elle avait déjà, dans le passé, demandé des comptes aux présidents d'agences quant aux suites données à ces rapports d'inspection.

Il n'y a que deux inspecteurs pour visiter les 468 Centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) du Québec. La ministre Vien ne s'est pas engagée à en augmenter le nombre.

Elle a plutôt cherché à minimiser le problème, en disant dénombrer seulement quelques cas de CHSLD où des lacunes étaient restées sans suivi gouvernemental et sans correctif.

Elle a fait valoir que, malgré le petit nombre d'inspecteurs, la cadence des visites dans les CHSLD avait augmenté, passant de 55 à 88 en un an.

C'était là une des recommandations de la protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, qui avait critiqué le laxisme gouvernemental en ce domaine, dans son rapport annuel en septembre 2010.

La présidente de l'organisme avait déploré le piètre sort trop souvent réservé aux personnes âgées, particulièrement celles en perte d'autonomie. Elle en était venue à la conclusion que les nombreuses plaintes formulées par la population étaient souvent fondées.

Elle rappelait par exemple que les centres d'hébergement privés pour personnes âgées devaient tous être certifiés avant mars 2010, alors que ce n'était toujours pas le cas pour 20 pour cent d'entre eux.

La protectrice du citoyen reprochait aussi au ministère de la Santé de faire la sourde oreille à ses recommandations passées en ce domaine.

Pendant ce temps, l'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic a ajouté son grain de sel, en rendant publique une liste de 85 CHSLD présentant des lacunes à corriger. Ces centres ont reçu des visites d'appréciation du ministère en 2010-2011.

L'association demande à la ministre que le nombre de visites soit augmenté «de façon importante».