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Gignac dit qu'il ne peut intervenir concernant l'achat d'électricité à Rio Tinto

29/02/2012 02:51 EST | Actualisé 30/04/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - Le ministre des Ressources naturelles Clément Gignac a déclaré mercredi qu'il ne peut empêcher Rio Tinto Alcan de vendre ses surplus d'électricité à Hydro-Québec, une situation dénoncée par des travailleurs en lock-out.

M. Gignac a affirmé qu'en vertu d'une entente avec la société d'État, l'aluminerie d'Alma, au Lac-Saint-Jean, peut liquider sa production excédentaire.

«Hydro-Québec a une entente avec Rio Tinto Alcan quand il y a des surplus d'énergie qui peuvent se présenter en courant d'année, a-t-il dit lors d'un point de presse. Il y a des échanges qui se font et ce n'est pas dans l'intention du gouvernement d'intervenir actuellement dans un conflit de travail pour donner des directives à Hydro-Québec.»

Le syndicat des 780 travailleurs, en lock-out depuis le 31 décembre dernier, réclame l'intervention du gouvernement pour que l'entreprise accepte de retourner à la table de négociation.

Les Métallos dénoncent aussi le fait qu'en vertu d'une entente avec le gouvernement, l'entreprise continue de bénéficier d'avantages financiers consentis en 2006.

Le directeur québécois du syndicat des Métallos, Daniel Roy, a soutenu que Rio Tinto Alcan limite ses pertes avec l'électricité qu'elle produit et vend à Hydro-Québec.

Selon M. Roy, cette entente permet à l'entreprise de vendre à un prix quatre fois plus élevé que son coût de production, qui est de 0,01 $ du kWh.

«Ça, c'est un déséquilibre dans les négociations, a-t-il dit. Rio Tinto Alcan fait autant d'argent à ne pas produire d'aluminium qu'en en produisant. C'est irresponsable.

«On est dans une situation de lock-out, qui fait perdurer un lock-out, où on rentre de l'argent dans le cash de la compagnie tout le temps, c'est ça qui n'est pas correct. C'est ça que le gouvernement devrait interdire.»

M. Roy a affirmé que depuis la décision de mettre ses employés en lock-out, l'entreprise s'est tenue loin des négociations.

«Le gouvernement et le premier ministre ont un pouvoir pour discuter avec cette entreprise pour les forcer à revenir à la table, a-t-il dit. Ils ont un pouvoir moral, ils doivent l'utiliser et arrêter de se laver les mains.»

Mercredi, M. Gignac a affirmé que rien ne permet de conclure que l'entreprise manque aux engagements auxquels elle est soumise par l'entente.

Le ministre s'est contenté d'exprimer le souhait qu'une entente intervienne le plus rapidement possible entre les travailleurs et leurs patrons.

Le syndicat qui représente les travailleurs de l'usine d'Alma réclame des clauses de protection contre la sous-traitance et un plancher d'emploi pour le personnel de l'aluminerie.

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