POLITIQUE

Dossier Griffintown: Louise Harel préoccupée

29/02/2012 06:43 EST | Actualisé 29/02/2012 06:46 EST
CP

Il n’y a pas que l’enchevêtrement des structures de gouvernance ou la démocratie municipale qui préoccupent Louise Harel. Cette dernière estime qu’il faut aller de l’avant avec des projets porteurs et que la métropole devra à tous prix briser son isolement.

C’est ainsi que dans le dossier de l’introduction de l’outil sur les zones franches, la cheffe de l’opposition n’hésiterait pas à tendre la main à un ancien adversaire afin de contrer cette mesure. En effet, une coalition de citoyens s’est formée pour la préservation de l’arrondissement historique et naturel du Mont-Royal alors que les nouvelles modifications à la LAU pourraient soustraire la montagne au processus référendaires. «Une portion du Mont-Royal se retrouve à l’intérieur des limites de la ville de Westmount et son Maire, Peter Trent, vient de solliciter les membres de cette coalition pour qu’ils fassent pression sur le gouvernement afin de contrecarrer cet article qui porte sur l’introduction des zones franches d’approbation référendaires. Je ne ferme pas la porte à des discussions dans cette direction», assure-t-elle.

Outre la bataille qui fait rage autour de la réforme de la LAU, c’est toute la question de l’arrimage des nouveaux projets immobiliers à la question des transports en commun qui passionne Mme Harel. «Nous allons présenter un mémoire devant l’OCPM à propos de la planification à venir de Griffintown et une de nos priorités sera d’exiger que la trame urbaine historique – ce qu’il en reste du moins – soit protégée. Mais, précise-t-elle, il faut aussi penser au transport collectif dans un contexte où la trame de ce secteur ne permet pas d’y implanter de grands boulevards».

Au chapitre des transports en commun, notre interlocutrice aimerait bien que «le CN fasse un plus grand effort de concertation pour permettre à une future desserte de tramway ou de trolleybus d’emprunter une de ses emprises. Une mesure qui permettrait de traverser une portion importante du Sud-Ouest, ce qui nous aiderait à bonifier le développement urbain du secteur».

Finalement, alors que plusieurs s’interrogent face à la question du financement des futurs travaux sur le pont Champlain, Louise Harel estime qu’il faudra faire preuve de beaucoup plus de cohérence. Elle estime que c’«est une aberration que le maire Tremblay ait pris la décision d’appuyer la tarification à la pièce afin de financer la reconstruction de ce pont. On ne doit pas utiliser ce mode de financement pour remplacer une infrastructure existante que l’on a déjà payée comme contribuables dans le passé. Nous allons d’ailleurs présenter une motion au conseil de ville du 20 février prochain à ce sujet». Elle nous rappelle, d’ailleurs, que «le gouvernement Harper financera toutes les entrées et sorties du pont de Windsor lors de sa reconstruction. Alors, pourquoi le fédéral ne ferait-il pas sa juste part dans le cas du pont Champlain ?».

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Des outils pour mieux encadrer les grands projets

Un Programme Particulier d’Urbanisme (PPU) – qui sera appelé Plan Particulier d’Urbanisme dans la refonte attendue de la Loi sur l’Aménagement et l’Urbanisme (LAU) – est un outil qui permet de planifier le développement urbain de certains secteurs qui commandent une attention spéciale de la part d’un conseil municipal.

En règle générale, nos édiles utiliseront un PPU lors de la l’élaboration, de la modification ou de la révision du plan d’urbanisme d’une municipalité. Par ailleurs, il s’agit d’un outil qui permettra de traiter en priorité la mise en valeur ou la réhabilitation d’un secteur critique de la municipalité.

L’Office de consultation publique de Montréal est un organisme qui mène des consultations en amont auprès de la population touchée par des projets de développement urbain d’envergure. Cet organisme, créé en septembre 2002, s’atèle à la tâche ardue de faire dialoguer les promoteurs et les citoyens afin que les pouvoirs publics soient en mesure de donner le feu vert à des projets qui passeront le test d’une certaine recevabilité sur le plan social, environnemental ou économique. Recevant ses mandats du conseil municipal et du comité exécutif de la Ville de Montréal, on comprendra la délicate posture de cet organisme qui, en principe, est indépendant.

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