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Syrie: l'assaut sur Homs se poursuit, au moins 144 morts en deux jours

28/02/2012 01:43 EST | Actualisé 29/04/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Au moins 144 personnes ont été tuées lundi et mardi en Syrie, dont plusieurs habitants d'un quartier rebelle de Homs abattus par les forces de sécurité alors qu'ils tentaient de fuir, ont déclaré des militants syriens. Selon ces sources, les bombardements sur Baba Amr et d'autres quartiers de Homs ont fait au moins 16 morts mardi.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme, une organisation établie à Londres, a rapporté qu'au moins quatre civils avaient été tués mardi dans des bombardements à Halfaya, dans le centre de la Syrie. Les Comités locaux de coordination ont annoncé des bilans beaucoup plus lourds, 50 morts à Homs et 27 dans la province de Hama, estimant qu'un total de 92 personnes avaient été tués à travers le pays au cours de la journée.

Le sous-secrétaire général des Nations unies chargé des affaires politiques, B. Lynn Pascoe, a estimé mardi que «bien plus» de 7500 personnes avaient été tuées dans les violences en Syrie depuis le début de la contestation contre le régime de Bachar el-Assad, en mars 2011.

Devant le Conseil de sécurité de l'ONU, M. Pascoe a dit ne pas être en mesure de fournir un bilan précis, tout en jugeant «crédibles» les informations selon lesquelles les violences tuent chaque jour une centaine de civils. Lundi, les groupes de militants syriens avaient estimé que le bilan avait dépassé les 8000 morts.

Le photographe britannique Paul Conroy, blessé la semaine dernière à Homs, a par ailleurs été évacué au Liban, d'après des groupes d'opposition syriens. Le gouvernement britannique et son journal, le «Sunday Times», ont confirmé que le photographe de 47 ans était désormais sain et sauf au Liban.

Mais le sort de la journaliste française Édith Bouvier, blessée lors de la même attaque, reste incertain: le président Nicolas Sarkozy, qui s'était d'abord félicité de son exfiltration, a finalement dit ne pas être en mesure de la confirmer mardi.

Selon Rima Fleihan, une porte-parole des Comités locaux de coordination, des déserteurs de l'armée syrienne ont fait passer le journaliste britannique au Liban. D'après le groupe militant Avaaz, qui a dit avoir organisé l'évacuation avec 35 de ses militants qui s'étaient portés volontaires, trois d'entre eux ont été tués dans un bombardement alors qu'ils tentaient de l'aider à traverser le quartier de Baba Amr. Dix autres ont péri alors qu'ils essayaient de faire entrer de l'aide alors que Paul Conroy sortait de la ville dimanche soir.

L'incertitude persiste quant au sort de la Française Édith Bouvier. Mardi, le président français Nicolas Sarkozy s'était félicité que le «cauchemar» de la journaliste du «Figaro» ait pris fin après de difficiles négociations. Mais quelques heures plus tard, il est revenu sur ses propos, s'excusant de s'être montré «imprécis».

«C'est vrai que nous travaillons sur cette exfiltration, mais pour le moment je ne peux pas vous la confirmer», a dit le chef de l'État devant la presse.

Aucun groupe d'opposition syrien n'a dit avoir évacué la journaliste française et la rédaction du «Figaro» n'a confirmé aucune information.

Les deux journalistes ont été blessés le 22 février par des tirs de roquettes sur le quartier de Baba Amr à Homs, qui a coûté la vie à la journaliste américaine Marie Colvin, correspondante du «Sunday Times», et au photojournaliste français Rémi Ochlick. Leurs dépouilles pourraient être toujours à Homs.

Cette ville du centre de la Syrie, épicentre de la contestation contre le régime de Bachar el-Assad, est bombardée sans relâche par l'armée syrienne depuis plus de trois semaines. Les bombardements ont fait plusieurs centaines de morts, de nombreuses personnes ayant été tuées alors qu'elles s'aventuraient dehors pour tenter de trouver de la nourriture.

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