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TransCanada construira une portion du projet Keystone dans le golfe du Mexique

27/02/2012 02:21 EST | Actualisé 28/04/2012 05:12 EDT

CALGARY - Le géant de l'énergie TransCanada entend construire la portion la plus urgente de son controversé projet de pipeline Keystone XL en le traitant comme un projet distinct de 2,3 milliards $ US qui sera assujetti à l'approbation des autorités réglementaires, et non à celle de l'administration américaine.

L'exploitant d'oléoducs de Calgary a indiqué lundi que la portion du tracé entre Cushing, en Oklahoma, et la côte du golfe du Mexique — qui vise à soulager un important engorgement de la demande dans le centre des États-Unis et à faire grimper les prix et les profits des producteurs — devrait être en service vers le milieu ou la fin 2013.

Le projet original de 7,6 milliards $ US aurait permis de transporter le brut des sables bitumineux du nord de l'Alberta jusqu'aux raffineries du Texas, en passant par six États. Une partie de la production de certains champs pétrolifères américains, notamment au Montana et au Dakota du Nord, aurait aussi utilisé ce pipeline.

Cependant, le projet Keystone XL a été assailli par des environnementalistes et d'autres critiques qui s'inquiétaient de son impact écologique au Nebraska et le département d'État a refusé un permis à TransCanada en janvier.

Le département d'État a le dernier mot sur les projets de pipelines qui traversent les frontières des États-Unis et détermine d'abord si ceux-ci représentent le meilleur intérêt du pays. L'annonce faite lundi par TransCanada (TSX:TRP) permettrait de commencer à exploiter une partie du système plus tôt que si la société attendait de demander un nouveau permis pour l'ensemble du tracé de l'Alberta au golfe du Mexique.

Le projet Keystone XL a encaissé deux revers ces derniers mois. L'automne dernier, le département d'État américain a reporté une décision jusqu'au début 2013 afin que TransCanada puisse modifier son tracé dans le Nebraska pour éviter les régions les plus sensibles du point de vue écologique. Puis, le mois dernier, le département d'État a refusé d'octroyer à la société le permis pour le projet, tout en précisant qu'elle pouvait toujours soumettre un projet modifié.

Le président américain Barack Obama avait alors expliqué que les délais imposés à son administration par les républicains pour prendre une décision avant le 21 février ne lui avaient pas permis d'étudier adéquatement le nouveau tracé au Nebraska, et que, par conséquent, il n'avait pas d'autre choix que de rejeter le projet.

Il avait cependant précisé que sa décision avait moins à voir avec les qualités du projet en tant que tel qu'avec la date limite imposée arbitrairement par les républicains.

Dans un communiqué émis lundi, la Maison-Blanche a bien accueilli lundi la décision de TransCanada d'aller de l'avant dès maintenant avec la section du golfe du Mexique du projet.

L'action de TransCanada a clôturé la séance de lundi à 42,39 $ à la Bourse de Toronto, en hausse de 39 cents par rapport à son dernier cours de fermeture.

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