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Plus de 140 marques attendues pour les défilés de prêt-à-porter à Paris

27/02/2012 12:56 EST | Actualisé 28/04/2012 05:12 EDT

PARIS - Avec la participation annoncée de 142 marques, dont pas moins de 95 inscrites au calendrier officiel, les présentations pour le prêt-à-porter de l'automne/hiver prochain s'étoffent de nouveaux venus bien décidés à profiter de l'effet d'aubaine qu'offre Paris en matière de rayonnement international.

Un calendrier pléthorique en légère hausse par rapport aux éditions précédentes et dans lequel figurent toujours les grands noms du luxe, majoritairement français, bien contraints d'y figurer pour soutenir le dynamisme du marché de leurs accessoires (parfums, maroquinerie, linge de maison). Ce marché est devenu ces dix dernières années une véritable manne financière, alimentée par la demande quasiment inextinguible de pays tels que la Chine, l'Inde ou encore le Mexique, devenu en 2011 le premier marché d'Amérique latine.

Un marché bien plus rentable donc que le prêt-à-porter et bien plus encore que la haute couture, elle-même structurellement déficitaire, mais indispensable en terme d'image pour les douze griffes qui bénéficient de l'appellation.

Mais cette demande n'explique pas l'arrivée d'une kyrielle de "petites maisons" dans le calendrier parisien, voire de maisons dites de "niche". Ainsi, Le Moine Tricote, en fait les deux mains et les aiguilles d'Alice Lemoine, qui crée quasiment des pièces uniques de tricot, défilera pour la première fois mardi.

Dans la même veine, la marque Allude, grand spécialiste du cachemire, présentera une collection le 7 mars. Une nouveauté rendue possible par l'assouplissement des critères d'adhésion par la Chambre syndicale du prêt-à-porter et des créateurs de mode. L'organisation qui fédère les professionnels du secteur est décidée à injecter du sang neuf dans ses troupes, afin que Paris ne voit pas son titre de capitale mondiale de la mode raflé par New York, Londres ou Milan.

A l'étranger, d'autres maisons l'ont bien compris. Elles sont une poignée à avoir déserté d'autres "capitales" pour gagner Paris et profiter de sa vitrine internationale. "Paris a une position unique au monde: de la haute couture en passant par le prêt-à-porter et jusqu'à la confection du Sentier, il existe ici une diversité qu'on ne retrouve nulle part ailleurs", explique à l'Associated Press Donald Potard, président du cabinet Agent de Luxe.

"Si les créateurs étrangers ayant besoin de se faire adouber font le choix de Milan ou de New York, ce choix s'inscrit seulement dans une stratégie économique. Or, s'ils font le choix de Paris, une telle décision impliquera autant l'aspect économique, l'image et même le rapport à l'esthétique de leur marque", analyse ce professionnel du conseil aux créateurs.

Le choix de Paris comme rampe de lancement pour se faire mieux connaître et tenter de se "fabriquer" une image internationale, la marque japonaise Masha Ma, qui défilait à Londres, l'a fait cette saison, tout comme la maison sud-coréenne Hexa by Kuho, qui a quitté New York. Elles sont rejointes par d'autres marques telles Sacaï (Japon), la créatrice espagnole Amaya Arzuaga ou la Chinoise aux créations oniriques Shiatzy Chen.

Autre nouveau venu dans le calendrier, le jeune Cédric Charlier qui lance sa propre marque après avoir été remercié l'an dernier sans qu'on sache trop pourquoi après plusieurs belles collections chez Cacharel.

Le Germano-Grec né au Canada Nicolas Andréas Taralis a lui-même été une victime de ce jeu des chaises musicales. Après avoir lancé sa griffe en 2002, il a été propulsé à la direction de la création de Cerruti pour plusieurs saisons, laissant choir ses propres créations. Revenu d'entre les morts avec sa marque la saison dernière, il lui faudra marquer l'essai avec une deuxième collection qui soit aussi une proposition commercialisable.

Autre essai à transformer chez Paco Rabanne, où le créateur indien Manish Arora (qui défile aussi pour sa propre marque) devra prouver qu'il peut porter sur ses frêles épaules le poids d'un nom devenu une des marques à la plus forte notoriété du secteur, en dépit d'une absence de près de dix ans des podiums.

Lundi prochain, en début de soirée, le rideau de fin tombera sur une collaboration fructueuse de huit années entre Stefano Pilati et la maison Yves Saint Laurent. Des noms bruissent depuis plusieurs jours quant à sa succession, à commencer par celui de Hedi Slimane, dont le contrat serait même déjà signé, selon plusieurs informations de presse. YSL s'est borné lundi à annoncer qu'un nouveau directeur de la création serait nommé dans les "semaines qui viennent". AP

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