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Des organismes communautaires crient à l'aide, au bord de la crise

27/02/2012 02:34 EST | Actualisé 28/04/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Les organismes communautaires qui dispensent des services alimentaires, de répit, de soutien direct aux familles, aux aînés, aux victimes et aux démunis crient à l'aide. Leur sous-financement atteindrait 200 millions $.

La Coalition des tables régionales d'organismes communautaires regroupe 3000 de ces organismes partout au Québec. Il s'agit de cuisines collectives, de popotes roulantes, de services d'aide aux victimes d'agressions sexuelles, de soutien pour les itinérants, pour les aidants naturels, pour les gens qui ont des dépendances et autres.

La coalition demande quelque 200 millions $ de plus par an au gouvernement pour corriger le sous-financement qu'elle décrie depuis plusieurs années.

«Dans plusieurs organismes, il y a de l'attente pour obtenir des services. Pour certaines activités, il y a des groupes qui débordent. Il y a des endroits où il n'y a plus de paniers de Noël. Il y a des endroits où on n'arrive plus à accueillir autant de gens», a décrit en entrevue Pierre-Philippe Lefebvre, porte-parole de la coalition.

«Vers quoi la population va se tourner? Notre inquiétude est là. L'extrême pression sur les travailleurs aussi, la pression sur les familles, sur les gens en situation de pauvreté. On pense qu'on peut s'en aller vers une crise», a-t-il soutenu.

Il a rappelé que ces organismes communautaires dispensent de précieux services de proximité aux personnes et à moindre coût.

«On n'est pas en compétition avec le réseau public. Il faut que le réseau public soit soutenu et renforcé pour ne pas que les services tombent à rabais dans les organismes communautaires», a plaidé M. Lefebvre.

Le budget des organismes qui oeuvrent dans ce domaine, la santé et les services sociaux, est d'environ 330 millions $, selon lui, mais il manque 200 millions $.

«Ce qu'on constate ces dernières années, c'est une espèce de gel du financement qui permet aux groupes de réaliser leur mission. Ce financement-là ne progresse à peu près pas», a-t-il déploré.

Au gouvernement on réplique que c'est faux et qu'on fait déjà beaucoup.

L'attaché de presse de la ministre déléguée à la Santé et aux Services sociaux Dominique Vien, Florent Tanlet, assure que le financement, qui était de 274 millions $ en 2002-2003, a atteint 464 millions $ en 2010-2011, et uniquement pour les organismes de santé et de services sociaux.

«On reconnaît l'importance» de ces organismes communautaires et du travail qu'ils font, a répliqué M. Tanlet. Il assure que la ministre Vien, qui a elle-même travaillé dans le milieu communautaire, «a conscience» du contexte dans lequel évoluent ces groupes et du bon travail qu'ils font.

Il ajoute que la ministre a demandé à ce que l'on révise le mode de financement des organismes communautaires, mais que cette révision prendra un certain temps.