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De nouvelles attaques auraient fait 144 morts en Syrie, selon des activistes

27/02/2012 12:15 EST | Actualisé 28/04/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - La ville de Homs aurait de nouveau été le théâtre de violentes attaques qui auraient fait 64 morts à un poste de contrôle de sûreté parmi des gens qui tentaient de fuir la région de Baba Amr.

C'est ce que rapportait, lundi, le Comité de coordination locale (CCL), un groupe d'activistes syrien, tout en précisant qu'un grand total de 144 personnes avaient perdu la vie un peu partout en Syrie. On ignorait, en début de soirée lundi, quand ni comment ces gens avaient péri.

Des porte-parole du CCL ont précisé que trois femmes, trois enfants et quatre soldats faisaient partie du groupe des victimes. Ils ont ajouté que 47 des dépouilles avaient été retrouvées entre les villages de al-Ghajar et de al-Tanouna et les 17 autres, au nord du village de Sid al-Shindakhyeh. Ces villages sont situés dans le centre du pays, près de Homs.

Un second groupe de militants, l'Observatoire syrien pour les droits de la personne, a indiqué que 68 corps avaient été transportés à l'hôpital de Homs, et qu'ils avaient été trouvés entre les villages de Ram al-Anz et al-Ajriyeh.

Ces deux bilans n'ont toutefois pu être confirmés par des sources indépendantes d'information.

Plus tôt lundi, des équipes de la Croix-Rouge étaient parvenues, pour la première fois depuis plus d'un mois, à atteindre la ville de Hama, dans l'ouest de la Syrie, assiégée par les forces du régime. Mais Homs restait inaccessible, et de nombreux blessés, dont deux journalistes occidentaux, attendaient toujours leur évacuation.

Selon Hicham Hassan, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge, des membres du CICR et de la Société syrienne du Croissant-Rouge ont pu acheminer lundi à Hama des vivres et des médicaments pour 12 000 personnes. C'est la première fois qu'une aide humanitaire parvient dans cette ville depuis le 17 janvier.

Hama a été durement frappée par la répression. Les localités environnantes sont encore le théâtre de nombreuses manifestations anti-gouvernementales et d'affrontements entre troupes syriennes et déserteurs de l'armée.

Le CICR, a déploré M. Hassan, n'a plus accès depuis vendredi au quartier de Baba Amr à Homs, dont 27 personnes avaient alors pu être évacuées.

Les négociations engagées entre l'organisation humanitaire et les autorités syriennes pour venir en aide aux nombreux autres blessés, dont les journalistes occidentaux Edith Bouvier et Paul Conroy, n'ont pas abouti jusqu'à présent. Pourtant, les besoins en vivres, médecins et médicaments sont très urgents, a souligné dimanche M. Hassan.

«Il est absolument crucial que nous puissions entrer pour évacuer les gens et apporter une aide vitale».

Le président français Nicolas Sarkozy a espéré lundi avoir l'amorce d'une solution pour évacuer de Syrie les deux journalistes blessés le 22 février, la Française Edith Bouvier et le Britannique Paul Conroy.

«Cette nuit, nous avons l'amorce d'une solution», a affirmé le chef de l'État sur RTL.

«Je ne peux pas en dire beaucoup plus».

«Il faut que ces deux journalistes soient soignés et il faut qu'ils sortent», a-t-il simplement ajouté, disant espérer «qu'on s'approche d'une solution. Les choses sont en train, semble-t-il, de se débloquer», a-t-il ajouté.

«Ce qui se passe en Syrie, c'est un scandale», a souligné M. Sarkozy en réclamant comme il l'a déjà fait à plusieurs reprises le départ du président syrien Bachar el-Assad.

À Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont adopté lundi de nouvelle sanctions contre le régime syrien, visant à restreindre ses moyens de financement.

Les Vingt-Sept, selon un communiqué, ont gelé les avoirs de la banque centrale syrienne au sein de l'UE, tout en s'assurant que le commerce légitime puisse se poursuivre moyennant le respect de certaines conditions strictes. Le Conseil de l'Union européenne a également imposé un gel des avoirs et une interdiction de visa à sept ministres du gouvernement syrien, qui sont associés aux violations des droits de l'homme.

Par ailleurs, le commerce de l'or, des métaux précieux et des diamants avec les organismes publics syriens et la banque centrale syrienne ne sera plus autorisé. En outre, les aéronefs de fret exploités par des transporteurs syriens n'auront pas accès aux aéroports de l'UE, à l'exception des aéronefs transportant à la fois des passagers et du fret.

L'Union européenne a déjà imposé plusieurs séries de sanctions contre la Syrie, gelant les biens d'une centaine de personnes et de 38 organisations.

Les différentes mesures prises n'ont pas permis jusqu'à présent de faire cesser la répression engagée il y a près d'un an par le régime syrien, qui a fait plus de 8.000 morts selon un bilan des militants des droits de l'Homme.

«Aussi longtemps que la répression se poursuivra, l'UE continuera à imposer des sanctions», a assuré Catherine Ashton, Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité.

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