L'industrie ferroviaire mériterait d'être mieux contrôlée, selon des experts

Train Burlington

Première Publication: 27/02/2012 19:57 Mis à jour: 29/02/2012 10:37

TORONTO - Le déraillement de train qui a coûté la vie dimanche à trois employés de Via Rail à Burlington, en Ontario, montre la nécessité d'augmenter le financement et la surveillance de l'industrie ferroviaire, affirment des spécialistes.

Selon Ray Marchand, directeur général des programmes du Conseil canadien de la sécurité (CCS), cet accident prouve qu'il faut investir davantage dans les infrastructures, les rails et l'entretien parce qu'il n'y a aucune raison pour qu'un train déraille, sauf s'il frappe quelque chose.

Même s'il est rare que des trains transportant des passagers quittent les rails, les experts soulignent que des centaines de déraillements mineurs se produisent chaque année.

La plupart d'entre eux impliquent des trains de marchandises sur des voies secondaires, mais Émile Thérien, un ex-président du CCS et militant pour la sécurité publique, soutient qu'il faut tout de même en tenir compte.

D'après lui, la sécurité n'est pas une priorité actuellement comme en témoigne l'état des rails et des infrastructures. Il croit que Transports Canada devrait reprendre le rôle d'organisme de surveillance et de régulation qu'il a exercé jusqu'en 1999.

Cette année-là, un amendement à la Loi sur la sécurité ferroviaire avait écarté le ministère ce qui, selon M. Thérien, a mené à un système défectueux dans lequel l'industrie se régularise elle-même.

Pour lui, ce n'est qu'une question de temps avant que le Canada ne soit le théâtre d'un autre désastre ferroviaire comme celui survenu en 1979 à Mississauga, en Ontario, où 106 wagons d'un train de marchandises du Canadien Pacific (CN) avaient quitté les rails.

À la suite de l'accident, des wagons-citernes contenant du propane avaient explosé et le gaz s'était mêlé au chlore transporté dans d'autres wagons afin de créer un incendie monstre. Environ 220 000 résidants avaient été évacués et le déraillement avait causé des dommages matériels et écologiques importants.

«Le bilan de Via Rail sur le plan de la sécurité est bon, mais il est aussi bon que les rails sur lesquels ses trains roulent», fait valoir Émile Thérien.

Les voies où l'accident de dimanche s'est produit sont louées par Via à CN. Ce dernier a annoncé lundi que son enquête interne ne lui avait pas permis de conclure que l'état des rails avait joué un rôle dans le déraillement.

Les autorités ont déclaré lundi qu'il était encore trop tôt pour connaître la cause de l'incident et qu'elles analysaient le contenu de la boîte noire afin d'en savoir davantage.

Le train no 92 en provenance de Niagara Falls, en Ontario, a déraillé dimanche à environ 100 m de l'endroit où un train de marchandises avait quitté les rails quatre ans plus tôt en raison d'un problème technique. Quarante-cinq passagers ont été blessés.

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Publié par Geoffrey Dirat  |