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Réunion des ministres des Finances du G20: la pression sur l'Europe s'accroît

26/02/2012 01:22 EST | Actualisé 26/04/2012 05:12 EDT

MEXICO - La pression s'est accrue samedi sur l'Europe pour qu'elle accroisse le Fonds européen de stabilisation financière afin de réduire les inquiétudes sur la dette publique. Les Etats-Unis, le Brésil et l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) ont tous appelé à un accroissement.

Bien que les conseils ayant émané d'une réunion des ministres des Finances du G20 et des gouverneurs des banques centrales aient pu sembler accablants, l'Allemagne - principal moteur financier européen - a paru opposée à l'idée de contribuer à une autre hausse du Fonds de stabilisation financière de 500 milliards d'euro.

Angel Gurria, secrétaire général de l'OCDE, a donné le ton lors de la conférence, réclamant une somme d'environ 1,5 milliard $ en fonds 'pare-feu' visant à restaurer la confiance vis-à-vis de la dette de la zone euro.

«Il nous reste à construire un pare-feu solide, a indiqué M. Gurria. Plus il sera épais, moins les chances de l'utiliser seront grandes.»

Selon le ministre des Finances du Brésil, Guido Mantega, «un large consensus existe à l'effet que les pays européens devraient solidifier leur pare-feu.

«Les pays émergents n'offriront leur aide qu'à deux conditions, a -t-il ajouté. D'abord, qu'ils renforcent leurs boucliers, et deuxièmement, que des réformes soient implantées au sein du Fond monétaire international (FMI).»

Le Brésil souhaite voir les pays émergents mieux représentés au FMI, tandis que plusieurs voudraient voir cet organisme, qui est déjà impliqué dans la stabilisation européenne, en faire davantage.

Le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, a pour sa part avancé «j'espère, ou plutôt je m'attends à ce que nous constations que les Européens continuent à fournir des efforts afin de mettre en place un pare-feu plus solide, plus crédible.»

Le secrétaire au Trésor a reconnu le travail accompli par les leaders européens, soulignant qu'«ils ont fait pas mal de progrès pour convaincre le reste du monde qu'ils ne permettraient pas qu'une catastrophe financière se produise» dans leurs pays.

Toutefois, il a noté qu'«il est important de ne pas se reposer sur ses lauriers et de reconnaître que les progrès accomplis l'ont été en tenant compte des actions ultérieures à prendre par rapport au pare-feu.

«Le travail n'est pas terminé, ils savent qu'il y a encore plus à faire», a souligné M. Geithner, notant que certains leaders n'avaient pas bougé aussi vite que certains l'auraient souhaité.

Les Allemands, dont la puissante économie représente la pierre angulaire de l'économie européenne, semblent s'opposer à contribuer financièrement à d'autres efforts de stabilisation.

Dans un éditorial paru dans le journal El Universal à la veille de la rencontre de Mexico, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schauble, a écrit «Devrions-nous augmenter encore plus les pare-feu ? La réponse est un non catégorique.» M. Schauble a également rejeté l'idée de partager la dette d'autres pays européens, ou celle d'accroître la masse monétaire européenne afin de régler les écarts de budget entre pays.

«Non seulement ceci ne résoudrait pas les problèmes de la dette et de la compétitivité qui ont entraîné les pays touchés dans leur situation actuelle, mais cela découragerait les gouvernements de réaliser des consolidations et des réformes.»

Le président de la banque centrale allemande, Jens Weidmann, a rappelé, vendredi, que les leaders politiques de la zone euro se rencontreront en mars afin de décider s'ils augmenteront l'effort de stabilisation actuel de 500 milliards d'euros. Quoi qu'il n'ait pas écarté la possibilité d'accroître les fonds, il a indiqué que l'argent seul ne réglerait pas tout.

«Plus d'argent pourrait permettre de gagner du temps, mais ce temps doit être utilisé à combattre les racines de la crise, a expiqué M. Weidmann lors d'un séminaire précédant la réunion des ministres des Finances du G20.

«En bout de ligne on ne peut forcer la Grèce à se soumettre au programme, a dit le président de la banque centrale allemande à propos de l'engagement de la Grèce, lourdement endettée, à adopter des réformes fiscales et sur les salaires, entre autres, en échange du plan de sauvetage européen.

«Il faut que ce soit clair: aucun montant supplémentaire ne sera garanti à la Grèce si celle-ci ne respecte pas sa partie de l'entente», a averti Jens Weidmann.

Le gouverneur de la banque centrale mexicaine, Agusti Carstens, a quant à lui mentionné, vendredi, que la capacité de prêt du FMI était un sujet qui devait être abordé, samedi, lors de la réunion de Mexico.

Un officiel canadien s'exprimant sous le couvert de l'anonymat a cependant confié que «sur les questions du financement du FMI, je ne crois pas que nous nous approchions d'un consensus.»

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