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Les bureaux de vote ont ouvert au Sénégal

26/02/2012 04:10 EST | Actualisé 26/04/2012 05:12 EDT

DAKAR, Senegal - Les premiers électeurs sénégalais ont commencé à voter dimanche pour une élection présidentielle sous tension, marquée par la candidature controversée d'Abdoulaye Wade, qui brigue un troisième mandat de sept ans. Ce dernier estime qu'il peut être élu dès le premier tour tant sa popularité est "écrasante".

Le président sortant avait lui-même fait modifier la Constitution en 2001 pour limiter à deux le nombre de mandats présidentiels. Mais il juge que cette limite ne s'applique pas à son cas personnel, puisqu'il a été élu avant la révision constitutionnelle. Le Conseil constitutionnel, dont les juges sont nommés par le président, s'est rangé à cet argument en validant sa candidature. Abdoulaye Wade avait par ailleurs initialement réduit la durée du mandat à cinq ans puis l'a ramenée à sept ans en 2008.

"Je suis le président et le père de la nation. C'est ce que les Européens n'arrivent pas à se mettre en tête", affirme Abdoulaye Wade dans un entretien accordé dans la nuit de vendredi à samedi au "Journal du Dimanche". Le président sortant confie que sa "popularité est si écrasante" qu'il "pense être élu avec un fort pourcentage dès le premier tour".

Et il assure que son âge, 85 ans, n'est pas un handicap mais un "avantage". "Croyez-vous vraiment que si j'étais sénile le peuple ne m'aurait pas fait comprendre qu'il était temps de partir? Ce n'est donc pas aux Européens de décider. Mais je sais que les Français et les Américains cherchent à m'embêter", ajoute-t-il.

Alors que des manifestations ont eu lieu ces derniers jours à Dakar contre sa candidature, Abdoulaye Wade assure ne pas craindre de débordements s'il est élu. "Une révolte des Sénégalais contre moi n'est pas pensable!", affirme-t-il dans l'hebdomadaire français. "Il n'y aura pas d'état d'urgence, sauf si des mercenaires sortent dans la rue pour tirer sur les gens. A ce moment-là, je déclarerai l'état de siège. Mais cela n'arrivera pas".

Quant aux manifestations, au départ, "ce sont des jeunes qui protestent contre la grève de leurs professeurs" et qui sont "manipulés par des politiciens machiavéliques qui n'oseront jamais mettre leurs propres enfants dans la rue".

Dans le JDD, Abdoulaye Wade dit vouloir former en cas de victoire "un gouvernement de large union nationale où figureront mes soutiens mais aussi des membres de l'opposition".

Bien qu'il soit crédité d'avoir lancé les plus grands chantiers de l'histoire du Sénégal, avec notamment la construction de routes, de stades et d'écoles, son régime est accusé de corruption et la nomination de son fils à des postes-clefs du gouvernement est vivement critiquée. L'opposition accuse désormais le président Wade de dérive monarchique et autoritaire.

Dans les jours précédant le scrutin, l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo a tenté de jouer les médiateurs entre le président sortant et les 13 candidats de l'opposition pour tenter de trouver une solution. Mais sa proposition, qui aurait permis à Abdoulaye Wade de gouverner encore deux ans, a été rejetée par l'opposition. AP

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