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Le National Geographic tente de sauver des langues en voie de disparition

26/02/2012 11:18 EST | Actualisé 27/04/2012 05:12 EDT

VANCOUVER - Des linguistes de National Geographic prennent le chemin du numérique pour documenter et préserver les langues en voie de disparition.

Huit nouveaux dictionnaires parlants ont été dévoilés vendredi lors de la rencontre annuelle de l'American Association for the Advancement of Science, qui s'est tenue à Vancouver.

Les dictionnaires renferment plus de 32 000 mots provenant de huit langues en voie de disparition. Ils comprennent aussi plus de 24 000 enregistrements audio d'individus prononçant ses mots et des phrases dans leur langue natale, en plus de photographies d'objets culturels.

Alfred Lane, l'une des dernières personnes parlant couramment le Siletz Dee-ni, un langue autochtone parlée en Oregon, était parmi les participants à une discussion sur l'utilisation des outils numériques dans le cadre du congrès. M. Lane a estimé que le dictionnaire parlant est — et restera — l'une des meilleures ressources dans sa lutte pour garder son langage vivant.

Les dictionnaires parlants font partie du projet Enduring Voices (Voix Persistantes) et ont été créés par une équipe de linguistes chapeautée par K. David Harrison et Gregory Anderson, de National Geographic.

Le duo a indiqué que certains langages ont été enregistrés ou écrits pour la première fois dans le cadre du travail de documentation. Le photographe Chris Rainier a immortalisé les gens s'exprimant dans les langues menacées ainsi que certains objets représentant leur culture.

En 2010, MM Harrison et Anderson avaient annoncé avoir documenté pour la première fois le Koro, une langue parlée par quelques centaines de personnes dans le nord-est de l'Inde.

M. Harrison, un professeur de linguistique au Swarthomore College, en Pennsylvanie, et M. Anderson, le président de la Living Tongue Institute of Endangered Languages, en Oregon, se sont rendus dans certains des endroits les plus isolés de la planète pour tenter de préserver les langues en voie de disparition, tentant de trouver ceux qui les parlent.

Voici quelques-unes des langues que l'on retrouve dans les dictionnaires parlants.

— Le Matukar Panau, parlée par environ 600 personnes habitant deux petits villages de la Papouasie Nouvelle-Guinée;

— le Chamacoco, une langue en grand danger de disparition parlée par environ 1200 personnes vivant dans le désert du nord du Paraguay;

— le Remo, une langue en grand danger et très peu documenté, qui se retrouve en Inde;

— le Sora, une langue tribale d'Inde, qui est en danger d'assimilation;

— le Ho, une langue tribale d'Inde, parlée par environ un million de personnes mais en danger d'assimilation. L'écriture Ho traditionnelle ne peut être tapée à l'ordinateur, alors le projet a lancé une pétition pour qu'elle puisse l'être;

— le Tuvan, une langue indigène parlée par des tribus nomades de la Sibérie et de la Mongolie;

Un huitième dictionnaire se consacre aux langues celtiques. D'autres dictionnaires parlants sont en production.

«Les communautés parlant des langues en voie de disparition adoptent les technologies numériques pour les aider à survivre et pour faire entendre leur voix à travers le monde, écrit M. Harrison dans un communiqué. C'est là un effet positif de la mondialisation.»

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