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Deux morts dans une manifestation après la destruction d'exemplaires du Coran

26/02/2012 10:32 EST | Actualisé 27/04/2012 05:12 EDT

KABOUL - Au moins deux manifestants ont été tués dimanche dans la province de Kunduz, dans le nord de l'Afghanistan, au sixième jour de protestations meurtrières contre la destruction d'exemplaires du Coran brûlés sur la base américaine de Bagram.

Selon l'administrateur du district d'Iman Sahib, la manifestation a dégénéré lorsque des protestataires ont tenté d'entrer dans la plus grande ville du district. Il a ajouté que des personnes dans la foule avaient tiré sur la police et jeté des grenades contre une base américaine voisine.

Il s'agissait du sixième jour de manifestations contre l'incinération de corans à Bagram. La présidence américaine a expliqué qu'il s'agissait d'une erreur et présenté des excuses au gouvernement afghan, sans réussir à apaiser les tensions.

Samedi, deux conseillers américains de l'OTAN ont été abattus au sein même du ministère de l'Intérieur à Kaboul. Cette attaque a été revendiquée par les talibans, qui parlaient de représailles après la destructions d'exemplaires du Coran.

Dimanche, le président afghan Hamid Karzaï a renouvelé ses appels au calme dans une allocution diffusée en direct à la télévision. "Maintenant, il est temps que le calme revienne et de ne pas laisser nos ennemis se servir de la situation". Il a rappelé qu'une enquête était en cours sur les incidents à la base de Bagram.

Les manifestations ont éclaté mardi quand des ouvriers afghans de la base américaine située au nord de Kaboul ont remarqué des exemplaires du Coran et d'autres textes de l'islam dans la poubelle que les troupes de la coalition déversait dans une fosse où sont brûlés les déchets. Certains ouvriers se sont brûlés les doigts en tentant de sauver certains des livres.

Ces livres auraient été sortis d'une bibliothèque du centre de détention de Parwan, qui jouxte la base, parce qu'ils contenaient des messages ou inscriptions extrémistes. Selon une source militaire, il semblerait que des détenus de la prison échangeaient des messages en annotant des textes. Il est interdit d'écrire sur le Coran dans la religion musulmane et on ignorait si les messages manuscrits se trouvaient dans le livre sacré de l'islam ou d'autres textes.

Une trentaine de personnes ont été tuées dans les incidents depuis mardi, dont quatre soldats américains et les deux conseillers de l'OTAN.

Samedi, l'OTAN a annoncé le rappel de tout son personnel travaillant dans des ministères afghans pour des "raison évidentes de protection de la Force" internationale d'assistance à la sécurité (ISAF).

Du personnel de l'OTAN réalise des missions de formation dans des ministères afghans pour faciliter la transition à l'approche du retrait des troupes de combat internationales prévu d'ici la fin 2014. Plusieurs conseillers servent notamment au sein du ministère de l'Intérieur qui supervise les forces de police du pays.

Le gouvernement américain a ordonné dans la semaine à ses conseillers de rester en sécurité dans l'enceinte de l'ambassade à Kaboul.

Paris a annoncé dimanche avoir procédé au "retrait provisoire de tous les agents publics français dans les institutions afghanes, afin de garantir leur sécurité". Il s'agit d'une vingtaine de personnes, a précisé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero, interrogé par la BFM-TV.

La Grande-Bretagne a également retiré ses formateurs et conseillers civils des institutions à Kaboul samedi, sans en préciser le nombre. L'Allemagne a fait de même pour la cinquantaine d'experts allemands et autres conseillers internationaux travaillant pour elle dans les ministères et bâtiments gouvernementaux dans la zone de Kaboul.

Berlin, qui dispose de près de 4800 militaires dans le nord de l'Afghanistan, a par ailleurs annoncé vendredi le retrait anticipé, initialement prévu en pour la fin mars, de ses 50 derniers hommes de la base de Taloqan, dans une zone où les autorités afghanes sont responsables de la sécurité depuis le 15 février.

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