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Yémen: attentat meurtrier pendant l'investiture du nouveau président

25/02/2012 06:31 EST | Actualisé 26/04/2012 05:12 EDT

SANAA, Yemen - Un attentat à la voiture piégée a fait au moins 25 morts devant une résidence présidentielle du sud du Yémen samedi, quelques heures après la prestation de serment du nouveau chef de l'Etat dans la capitale, Sanaa, selon un responsable local.

Abed Rabo Mansour Hadi a succédé samedi à Ali Abdallah Saleh, président du Yémen pendant 33 ans, dans le cadre d'un accord de transfert du pouvoir conclu après plus d'un an de contestation du régime. Saleh est le quatrième dirigeant autoritaire victime du mouvement du Printemps arabe depuis le début 2011.

M. Hadi, jusque-là vice-président, a remporté l'élection de mardi à laquelle il était le seul candidat. Il s'est engagé dans un discours télévisé à poursuivre la lutte contre Al-Qaïda au Yémen, où les islamistes armés ont profité de la crise pour prendre le contrôle de plusieurs zones.

Il a aussi promis d'oeuvrer au retour des milliers de Yéménites chassés de chez eux par les combats entre les troupes gouvernementales, les séparatistes du Sud, les mutins, les mouvements tribaux et de nombreuses autres factions armées. C'est "un devoir religieux et national", a-t-il dit. Il a appelé tous les partis politiques à respecter la démocratie pour sortir le Yémen, le plus pauvre des pays arabes, de la crise politique et économique. Des ambassadeurs américain et européens ainsi que des représentants arabes assistaient à la cérémonie.

A peine quelques heures plus tard, une voiture piégée explosait devant une résidence présidentielle dans la ville de Makullah, dans le Sud, rattaché au Nord en 1990, tuant au moins 25 gardes, selon un responsable de la santé. Il pourrait s'agir d'un attentat-suicide commis par Al-Qaïda, d'après un responsable de la sécurité. Tous deux ont requis l'anonymat. Des séparatistes et des islamistes armés opèrent dans cette région.

Ramener la stabilité et ouvrir le dialogue avec les séparatistes du Sud ainsi que d'autres mouvements du pays fait partie des tâches ardues qui attendent le nouveau président. Il doit aussi restructurer les puissantes forces de sécurité où les fidèles de Saleh détiennent de nombreux postes.

M. Hadi peut se prévaloir d'un mandat clair de la population, qui a participé massivement au scrutin de mardi. L'accord de transition a été signé en novembre sous l'égide du Conseil de coopération du Golfe arabo-persique et des Etats-Unis, partenaires de Sanaa dans la lutte contre la banche yéménite d'Al-Qaïda, accusée d'avoir tenté de faire exploser des avions à destination des Etats-Unis en 2009 et 2010.

Pendant qu'Abed Rabo Mansour Hadi prêtait serment, Ali Abdallah Saleh revenait d'un séjour médical d'environ trois semaines aux Etats-Unis, où il a été soigné des séquelles de blessures reçues en juin 2011 lors d'une attaque contre son palais qui a accéléré son départ.

Saleh avait annoncé qu'il rentrerait pour l'investiture de son successeur. Il a été accueilli à la descente d'avion par son fils Ahmed, qui dirige la puissante Garde républicaine. Beaucoup craignent que Saleh n'use de son vaste réseau de relations tribales et familiales pour tenter de continuer à tirer les ficelles pendant la transition, qui doit déboucher sur une nouvelle Constitution.

Selon de hauts responsables proches de l'ancien président, ce dernier attend de savoir si le sultanat d'Oman, au nord du Yémen, accepte de l'accueillir. La question ferait l'objet de négociations entre Oman, les pays voisins et les Etats-Unis, précisent ces sources ayant requis l'anonymat. AP

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