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Tunisie: une manifestation de l'UGTT dispersée à coups de gaz lacrymogène

25/02/2012 11:56 EST | Actualisé 26/04/2012 05:12 EDT

TUNISIA, Tunisia - Une grande manifestation qui a rassemblé environ 5.000 personnes samedi à Tunis a été dispersée par la police à coups de grenades lacrymogènes, a-t-on constaté sur place. Venus à l'appel de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT), les manifestants ont dénoncé les récentes attaques visant plusieurs locaux de la centrale syndicale et qu'ils attribuent au mouvement islamiste Ennahdha.

Portées notamment par le secrétaire général adjoint de l'UGTT, Sami Tahri, ces accusations ont été rejetées par Ennahdha. Les attaques visant des locaux du syndicat ont coïncidé avec une grève de quatre jours déclenchée par les agents municipaux. A Tunis, pendant le débrayage, des individus ont déversé des sacs à ordures devant le siège de la centrale syndicale.

"Ils veulent étouffer notre voix pour avoir le monopole décisionnel et décider seuls de notre sort. Ils veulent nous terroriser et semer la peur dans nos coeurs pour nous empêcher de défendre nos causes et nos droits, mais nous ne céderons pas et ne nous soumettrons pas", a lancé le secrétaire général de l'UGTT, Houcine Abassi.

C'est la plus importante manifestation organisée dans la capitale tunisienne depuis celle, de plus grande ampleur, qui avait conduit, le 14 janvier 2011, à la chute du régime de l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali qui avait fui le jour même en Arabie saoudite.

Suivant le même itinéraire, le cortège a traversé l'avenue Bourguiba, la principale artère de la capitale, pour se rassembler devant le ministère de l'Intérieur cerné par un important dispositif sécuritaire.

Les manifestants, auxquels se sont joints des représentants de plusieurs partis de gauche, ont appelé à la démission du gouvernement dominé par Ennahdha, taxé de "valet du colonialisme" et de "rétrograde". "Le peuple veut la chute du régime", "Par notre âme et notre sang, nous défendrons notre Union", "Citoyen réveille-toi, le gouvernement se joue de toi", ont-ils scandé le long du parcours. Le chef du Parti ouvrier communiste tunisien (PCOT), Hamma Hammami, a qualifié d'"actes délibérés" les agressions visant l'UGTT.

Après plus de trois heures, la manifestation a été dispersée à coup de grenades lacrymogènes après des appels lancés par la police pour quitter les lieux. AP

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