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Le président tunisien appelle à cesser les accusations de blasphème

25/02/2012 02:27 EST | Actualisé 26/04/2012 05:12 EDT

TUNIS, Tunisie - Face à la poussée du radicalisme religieux en Tunisie, le président Moncef Marzouki a appelé samedi à cesser les accusations de blasphème utilisées pour exprimer des divergences de point de vue.

Dans un communiqué, M. Marzouki, connu pour être un défenseur acharné des droits de l'Homme, fait part de sa "grande préoccupation" devant de telles pratiques qui sont de nature à "menacer la paix entre les citoyens d'un même pays et pousseraient à la discorde".

Il invite le président de l'Assemblée nationale constituante (ANC) Mustapha Ben Jaafar et les membres de cette instance législative à "trancher la question à travers l'adoption d'une loi qui incrimine les accusations de blasphème, fait encourir à leurs auteurs des poursuites pénales et préserve la cohabitation, la fraternité et la solidarité entre les Tunisiens".

"Personne n'a le droit de porter de telles accusations contre un concitoyen", car ce genre de comportement "risque de conduire à la violence ce qui est répressible par principe", ajoute le communiqué.

Cette mise en garde intervient au lendemain de la publication par le journal "Assabah" d'une interview du dirigeant d'une association islamiste Adel Al-Ilmi dans laquelle il traite l'universitaire Iqbal Gharbi de "mécréante". Il néanmoins reconnu n'avoir lu aucun écrit de Mme Gharbi, une professeure de civilisation islamique. Des groupes salafistes ont traité dernièrement publiquement d'apostats des enseignants, des journalistes et des intellectuels.

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