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Le procès contre plusieurs Américains et des ONG s'ouvrira dimanche en Égypte

25/02/2012 05:30 EST | Actualisé 26/04/2012 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Le procès de 16 Américains et de 27 autres personnes débutera dimanche dans un tribunal cairote. Des détracteurs lient cette cause à grande teneur politique à une série d'opérations gouvernementales musclées contre des organismes non-gouvernementaux, déclenchant du même coup la plus importante crise des relations américano-égyptiennes depuis des décennies.

L'affaire, qui implique des employés américains de quatre groupes pro-démocratie sis aux États-Unis, a éprouvé la solidité de la plus importante relation de Washington au Proche-Orient, et poussé des responsables américains à menacer de couper le fonds d'aide annuel de 1,5 milliard $ US versé à l'Égypte si le problème n'était pas résolu. Les autorités égyptiennes ont répondu en critiquant une «intervention» américaine dans les affaires juridiques égyptiennes.

Quarante-trois personnes sont poursuivies dans cette affaire; 16 Américains, 16 Égyptiens, ainsi que des Allemands, des Palestiniens, des Serbes et des Jordaniens. Elles sont accusées d'utiliser des fonds étrangers pour fomenter la révolte et de fonctionner sans permis. L'enquête s'insère toutefois dans une campagne plus importante contre l'influence étrangère présumée depuis la chute du président Hosni Moubarak, l'an dernier.

Des groupes de défense des droits ont vivement critiqué l'enquête sur les groupes pro-démocratie et les accusations, affirmant qu'elles faisaient partie d'un effort concerté des autorités égyptiennes pour faire taire les détracteurs et nuire aux capacités des groupes citoyens critiques de la gestion militaire de la transition du pays vers la démocratie. Selon les responsables égyptiens, toutefois, le procès n'a rien à voir avec le gouvernement et repose entre les mains des pouvoirs juridiques.

Le président américain Barack Obama a pressé les leaders militaires égyptiens d'abandonner l'enquête, et des responsables de haut niveau, incluant le chef d'État-major Martin Dempsey et le sénateur républicain John McCain, se sont rendus au Caire pour tenter de trouver une solution.

Les États-Unis ne peuvent cependant pas être considérés comme augmentant trop la pression sur le conseil militaire au pouvoir en Égypte, qui est vu comme le meilleur espoir en vue d'une transition stable pour une nation qui n'est pas seulement un poids lourd régional, mais également le pays le plus peuplé du monde arabe et un point d'orgue de la politique américaine au Proche et Moyen-Orient, principalement en raison de son traité de paix avec Israël.

Le département d'État américain a précisé que sept des 16 Américains poursuivis ne pouvaient désormais plus quitter le pays, une décision du procureur général égyptien. Plusieurs Américains, dont Sam LaHood, le fils du secrétaire aux Transports Ray LaHood, ont trouvé refuge à l'ambassade américaine.

Les Américains travaillent au sein de quatre groupes sis aux États-Unis : l'International Republican Institute, le National Democratic Institute, Freedom House et un groupe qui forme des journalistes.

La dispute a éclaté en décembre lorsque les forces de sécurité égyptiennes ont effectué des raids contre les bureaux des groupes pro-démocratie, emportant des documents et des ordinateurs.

Un quotidien géré par l'État, Al-Ahram, a rapporté samedi que 19 Américains, et non 16, étaient poursuivis. Le journal, citant des rapports coulés des services de renseignement égyptiens, indique que certains des ordinateurs saisis contenaient des informations confidentielles touchant à la sécurité nationale.

Bien que le procès s'ouvrant dimanche concerne des ONG financés par l'étranger, des centaines d'ONG égyptiennes ont également fait l'objet d'enquêtes de la part du gouvernement depuis la chute d'Hosni Moubarak.

Des militants en faveur des droits démocratiques blâment des lois de l'ère Moubarak qui ont été utilisées pour s'attaquer à des groupes s'opposant à des politiques d'État.

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