NOUVELLES

Le CICR tente toujours de faire évacuer les blessés à Homs

25/02/2012 12:10 EST | Actualisé 26/04/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Le Comité international de la Croix-Rouge n'avait pu samedi obtenir l'accès au quartier de Baba Amr dans la ville de Homs, épicentre de la contestation dans le centre de la Syrie, pilonnée sans relâche depuis près d'un mois par les forces syriennes.

Les négociations engagées pour faire évacuer des blessés, dont des journalistes occidentaux, de Baba Amr n'ont "pas donné de résultat concret", selon un porte-parole du CICR à Genève. La veille, 27 personnes avaient pu être évacuées. Selon Hicham Hassan, porte-parole du CICR, les pourparlers avec le régime syrien et les forces d'opposition devaient se poursuivre dimanche. Il a ajouté que le Croissant-Rouge syrien avait pu procéder à des évacuations ailleurs en Syrie, et dans d'autres quartiers de Homs.

Selon un bilan de militants des droits de l'Homme, les bombardements qui visent principalement le quartier de Baba Amr ont fait au moins 19 morts samedi. L'Observatoire syrien des droits de l'Homme a fait état de 68 morts en Syrie au cours de la même journée, la plupart à Homs. Les Comités locaux de coordination des manifestations citent eux le chiffre de 75 morts, dont 31 dans la province de Homs.

Ces bilans ne peuvent être vérifiés de façon indépendante, en raison des restrictions d'accès imposées par le régime alaouite. Le CICR et la Société du Croissant-Rouge syrien ont de leur côté repris leurs négociations en vue de poursuivre l'évacuation des blessés à Bab Amr.

Sept blessés ainsi que vingt femmes et enfants ont pu être évacués vendredi du quartier, selon Hicham Hassan. Mais les sauveteurs n'ont pas pu jusqu'à présent accéder aux deux journalistes occidentaux blessés mercredi lors du bombardement d'une maison de Homs servant de centre de presse improvisé: la journaliste française du "Figaro" Édith Bouvier et le photographe britannique Paul Conroy du "Sunday Times". Les corps des journalistes tués dans le bombardement, l'Américaine Marie Colvin et le photographe français Rémi Ochlik, 28 ans, n'ont pas non plus être récupérés.

Dans une vidéo publiée jeudi sur Internet par l'opposition syrienne, Édith Bouvier a lancé un appel à l'aide, expliquant qu'elle souffrait d'une fracture du fémur et demandait un cessez-le-feu afin de pouvoir être évacuée au plus vite.

Sur le plan diplomatique, la Chine a accusé samedi les États-Unis et l'Europe "d'ambitions hégémoniques" en Syrie, au lendemain de la conférence internationale des "Amis de la Syrie" à Tunis où la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a vivement condamné l'attitude de Pékin et de Moscou.

Mme Clinton a jugé "méprisable" la décision de la Chine et de la Russie d'opposer leur veto aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression en Syrie. "Ils ne sont clairement pas du côté du peuple syrien", a commenté la patronne de la diplomatie américaine.

L'agence de presse officielle Chine Nouvelle a réagi samedi en faisant valoir que la position de Pékin sur la Syrie était équilibrée. La Chine et la Russie ont boycotté la conférence de Tunis, qui s'est achevée selon Pékin sur un "large consensus" d'éviter toute intervention militaire en Syrie.

"La plupart des pays arabes ont commencé à comprendre que les États-Unis et l'Europe dissimulent un poignard derrière un sourire. En d'autres mots, alors qu'ils paraissent agir pour des raisons humanitaires, ils nourrissent en réalité des ambitions hégémoniques", affirme Chine Nouvelle.

A Istanbul, le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu s'est pour sa part demandé samedi comment la Syrie pouvait écraser ses opposants tout en prétendant faire des réformes comme le référendum constitutionnel prévu dimanche. "Ce genre de logique enlève tout sens" aux réformes, a-t-il fait valoir.

Le projet de nouvelle Constitution accorde un plus grand rôle à l'opposition face à l'actuel parti unique Baas, au pouvoir depuis 1963. La réforme de la Constitution syrienne était l'une des exigences des groupes d'opposition au début de la contestation à la mi-mars 2011. Mais ils réclament aujourd'hui le départ sans condition du président Bachar el-Assad.

PLUS:pc