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Fusillade au ministère de l'Intérieur à Kaboul: deux Américains tués

25/02/2012 08:05 EST | Actualisé 26/04/2012 05:12 EDT

KABOUL - Un homme armé a abattu deux conseillers américains de l'OTAN samedi au sein même du ministère de l'Intérieur à Kaboul. Cette attaque, revendiquée par les talibans, est survenue au cinquième jour des manifestations meurtrières qui secouent le pays depuis que des exemplaires du Coran ont été brûlés dans une base américaine.

L'OTAN a confirmé que deux membres de la Force internationale d'assistance à la sécurité avaient été tués. Selon le porte-parole de l'Alliance, le lieutenant-colonel Jimmie Cummings, a démenti les informations selon lesquelles ils avaient été tués par un autre Occidental, assurant que les "premiers éléments montrent qu'il ne s'agissait pas d'un tireur occidental".

A Washington, une source officielle américaine a confirmé que les deux victimes étaient de nationalité américaine. "On ignore qui est l'assaillant et une intense opération de recherche est en cours pour déterminer qui est responsable", a fait savoir le responsable de la presse du Département d'État, George Little.

Dans la journée, le commandant des forces de l'OTAN, le général américain John Allen, a annoncé le rappel de tous les personnels de l'OTAN travaillant dans des ministères afghans pour des "raison évidentes de protection de la force". Il a ajouté que l'Alliance enquêtait sur la fusillade et suivrait toutes les pistes pour trouver les responsables.

L'OTAN compte plusieurs employés qui travaillent dans des ministères afghans comme formateurs pour faciliter la transition à l'approche du retrait des troupes internationales prévu d'ici la fin 2014. Plusieurs conseillers servent notamment au sein du ministère de l'Intérieur qui supervise les forces de police du pays.

Dans un communiqué, un porte-parole taliban, Zabiullah Mujahid, a identifié le tireur comme étant Abdul Rahman. Il a affirmé qu'un complice à l'intérieur du ministère lui avait permis de pénétrer dans l'enceinte très protégée du bâtiment. Il a ajouté que les meurtres faisaient partie des représailles après la destruction des exemplaires du Coran.

Au moins 25 personnes ont été tuées et plusieurs centaines d'autres blessées depuis les premières manifestations mardi quand il est apparu que des exemplaires du Coran et d'autres éléments religieux avaient été jetés dans une fosse utilisée pour brûler les déchets sur la base aérienne de Bagram, une grande base américaine au nord de Kaboul. Parmi les morts, figurent deux soldats américains tués par un soldat afghan lors d'une émeute devant la base.

Le président des États-Unis Barack Obama et plusieurs autres responsables américains ont présenté des excuses, évoquant une terrible erreur. Mais cela n'a pas apaisé la colère des milliers de personnes descendues dans les rues pour dénoncer une profanation du livre sacré de l'islam.

A Kunduz, chef-lieu de la province du même nom dans le nord-est du pays, plus d'un millier de manifestants ont défilé samedi. D'abord pacifique, la manifestation a ensuite dégénéré, des protestataires jetant des pierres sur des bâtiments publics ainsi qu'une antenne des Nations unies, selon Sarwer Hussaini, un porte-parole de la police provinciale. Il a ajouté que la police tirait des coups de feu en l'air pour tenter de disperser la foule.

L'ONU a confirmé dans un communiqué que son complexe de Kunduz avait été attaqué, tout en précisant que son personnel était indemne, comme dans le reste du pays.

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