NOUVELLES

Des chercheurs veulent rendre publiques des archives sur les crimes de guerre

25/02/2012 07:23 EST | Actualisé 26/04/2012 05:12 EDT

On retrouve, au sein des installations principales des Nations unies, un immense centre de documentation méconnu répertoriant 10 000 dossiers de criminels de guerre accusés à la suite de la Deuxième Guerre mondiale, des accusations belges contre Adolf Hitler au procès d'un commandant japonais pour incitation au viol.

D'importants chercheurs britanniques et américains font campagne pour que les informations, des centaines de milliers de pages contenues dans 400 boîtes, soient rendues publiques pour la première fois en 60 ans.

Ils soutiennent que ces informations n'ont pas seulement une valeur historique, mais qu'elles pourraient également permettre de mettre au jour des précédents juridiques qui aideraient à poursuivre aujourd'hui certains criminels de guerre.

Le musée du Mémorial de l'Holocauste des États-Unis, à Washington, veut également faire ouvrir les archives.

Les dossiers ont appartenu à la Commission des Nations unies sur les crimes de guerre, un organisme établi en octobre 1943 par 17 nations alliées pour diffuser des listes de criminels de guerre présumés — comptant éventuellement 37 000 noms —, examiner les accusations contre eux et tenter de les faire arrêter et traduire en justice.

Cette branche de l'ONU a été démantelée en 1948 et, l'année suivante, le secrétariat des Nations unies a établi des règles rendant les dossiers accessibles uniquement aux gouvernements sur une base confidentielle. En 1987, un accès limité a été accordé aux chercheurs et historiens seulement.

Parmi les documents obtenus par le chercheur britannique Dan Plesch, et sur lesquels l'Associated Press s'est penchée, se trouve une lettre que la Belgique a envoyée à la commission, le 15 mars 1945, déposant des accusations non précisées contre Adolf Hitler. C'était deux mois avant la fin de la guerre sur le continent européen.

Selon M. Plesch, des documents indiquent qu'en parallèle des procès de Nuremberg, où les figures de proue du mouvement nazi ont été jugées, la commission onusienne a tenu des procès pour crimes de guerre contre quelque 10 000 individus. Deux mille procès auraient eu lieu dans 15 pays, y compris les États-Unis, a-t-il précisé.

PLUS:pc