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Un candidat à la présidence égyptienne demande une protection policière

24/02/2012 07:35 EST | Actualisé 25/04/2012 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - L'un des principaux candidats à l'élection présidentielle en Égypte a demandé une protection policière, vendredi, après avoir été battu par des hommes masqués qui ont intercepté sa voiture après un rassemblement électoral, une attaque que ses partisans jugent délibérée.

Un député affilié aux Frères musulmans, le plus puissant mouvement politique égyptien, a par ailleurs été blessé vendredi lors d'un délit de fuite.

Les deux incidents illustrent la dégradation de la sécurité en Égypte depuis le soulèvement populaire qui a renversé le régime de Hosni Moubarak, et font craindre des violences à caractère politique à l'approche de l'élection présidentielle qui doit avoir lieu en juin.

Des hommes masqués ont attaqué Abdel-Moneim Abolfotoh tard jeudi soir alors qu'il rentrait au Caire après un rassemblement au nord de la capitale, selon son porte-parole de campagne, Ali Bahnasawy. M. Abolfotoh est un ancien leader des Frères musulmans devenu candidat indépendant à l'élection présidentielle.

Les assaillants l'ont frappé à trois reprises à la tête avec la crosse d'une arme automatique, ont battu son chauffeur et se sont enfuis avec le véhicule, selon M. Bahnasawy.

M. Abolfotoh a demandé une protection policière mais il ne l'a pas obtenue, a indiqué son porte-parole.

«L'absence de sécurité du ministère de l'Intérieur autour de lui après l'incident est très étrange et soulève des questions», a dit M. Bahnasawy à l'Associated Press.

Les responsables de la campagne de M. Abolfotoh ont affirmé que les motifs de l'attaque n'étaient pas clairs, mais soupçonnent qu'il s'agissait d'une attaque ciblée.

«Nous ne pensons pas que ce soit un hasard, mais nous n'en sommes pas certains», a dit M. Bahnasawy.

Abdel-Moneim Abolfotoh revenait de Menoufia, à 60 kilomètres au nord du Caire, quand sa voiture a été attaquée. Selon son porte-parole, certaines personnes à Menoufia ont posé des questions sur ses déplacements avant qu'il ne quitte le rassemblement.

Ancien réformiste au sein des Frères musulmans, qui contrôlent désormais la moitié des sièges au Parlement, M. Abolfotoh a été expulsé du mouvement quand il a annoncé son intention d'être candidat à la présidence. Les Frères musulmans avaient affirmé qu'ils ne présenteraient pas de candidat présidentiel, une décision considérée comme une tentative de rassurer les pays occidentaux.

Un responsable du ministère de l'Intérieur a affirmé que les principaux candidats à la présidence bénéficieraient sous peu d'une sécurité accrue dans leur résidence et lors de leurs déplacements de campagne. Il a fait cette déclaration sous le couvert de l'anonymat puisque la décision n'a pas encore été annoncée publiquement.

Lors du deuxième incident, un membre des Frères musulmans, Hassan al-Brince, qui préside le comité sur la santé dans le Parlement nouvellement élu, circulait dans la province de Beheira quand un gros camion a foncé sur son véhicule avant de partir en accélérant. Il a été transféré à l'hôpital et se trouve dans un état stable, selon la police.

Le comité que M. al-Brince préside est au centre d'une discussion passionnée en Égypte quant à savoir si Hosni Moubarak devrait être transféré de l'hôpital militaire où il est confiné vers un autre hôpital situé dans une prison.

La police a indiqué qu'elle enquêtait sur les deux incidents et recherchait des suspects.

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