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Les Amis de la Syrie réclament une mission de maintien de la paix de l'ONU

24/02/2012 09:11 EST | Actualisé 25/04/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Les forces du président syrien Bachar el-Assad ont pilonné des quartiers rebelles du centre de la Syrie vendredi, tuant au moins 22 personnes, selon des militants. Plus de 60 pays réunis à Tunis ont par ailleurs demandé aux Nations unies de commencer à planifier une mission civile de maintien de la paix qui se déploierait en Syrie après un cessez-le-feu.

Alors que les troupes gouvernementales ont bombardé sans relâche des quartiers rebelles de la ville de Homs, des milliers de Syriens sont descendus dans les rues d'une dizaine de villes pour dénoncer le régime sous le slogan «Nous nous révolterons pour toi, Baba Amr», en référence au quartier rebelle de Homs ciblé par l'armée.

Selon les militants, au moins 50 personnes ont été tuées à travers la Syrie vendredi.

En Tunisie, une soixantaine de pays arabes et occidentaux ont demandé aux Nations unies de commencer à élaborer des plans en vue d'une mission civile qui pourrait se déployer quand le régime de Damas cessera la répression brutale du soulèvement.

Le groupe des «Amis de la Syrie», peu favorable à une intervention militaire pour mettre fin au bain de sang, a seulement menacé le régime de Bachar el-Assad de nouvelles sanctions et d'un isolement accru s'il ne met pas fin à la répression. Le régime de Damas a déjà ignoré d'autres appels similaires.

La Russie et la Chine, principaux alliés du régime syrien, ont boycotté la réunion, tout comme le Liban du côté arabe.

Jeudi, l'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a été nommé émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe pour la crise syrienne. M. Annan a précisé vendredi dans un communiqué qu'il tenterait d'«aider à mettre fin à la violence et aux violations des droits de l'homme et à promouvoir une solution pacifique» en Syrie.

La conférence de Tunis était la dernière initiative en date pour tenter de mettre fin à la crise. En janvier, les Nations unies ont estimé qu'au moins 5400 personnes avaient été tuées dans le conflit en Syrie en 2011. Des centaines d'autres personnes ont été tuées depuis et les militants syriens avancent un bilan de 7300 morts.

Des enquêteurs nommés par l'ONU à Genève ont annoncé vendredi avoir compilé une liste de dirigeants syriens accusés de crimes contre l'humanité, sur laquelle figure notamment le nom du président syrien Bachar el-Assad.

Tandis que les États-Unis, l'Union européenne et la Ligue arabe ont accru la pression sur le régime, la Russie et la Chine continuent de s'opposer à toute intervention étrangère en Syrie et à l'adoption de sanctions.

Un parlementaire russe, Alexei Pushkov, a déclaré vendredi que lors de sa récente rencontre avec le président syrien, celui-ci n'a montré aucun signe laissant croire qu'il pourrait se retirer. M. Pushkov a affirmé que le fait d'armer l'opposition syrienne pourrait déclencher une guerre civile.

«El-Assad ne ressemble pas à une personne prête à partir parce que, entre autres, il n'a aucune raison de le faire puisqu'il est soutenu par de larges pans de la population», a dit M. Pushkov, cité par l'agence de presse russe RIA-Novosti.

Les Syriens qui ont manifesté vendredi ont condamné la position de la Russie, de la Chine et de l'Iran, des pays dont le gouvernement soutient le régime de Bachar el-Assad. «Les balles russes et iraniennes transpercent nos corps», pouvait-on lire sur une grande bannière déployée dans la ville de Tibet el-Imam, près de Hama, dans le centre du pays.

Signe d'un isolement international croissant de Damas, le premier ministre du Hamas au pouvoir dans la bande de Gaza a exprimé publiquement son soutien au soulèvement en Syrie.

«Nous louons le courageux peuple syrien qui va vers la démocratie et les réformes», a déclaré le premier ministre palestinien Ismaïl Haniyeh, s'exprimant devant des fidèles après la prière du vendredi à la mosquée Al-Azhar, en Égypte.

C'est la première fois qu'un haut responsable du Hamas se déclare favorable au soulèvement en Syrie. Bachar el-Assad a longtemps accueilli et soutenu les dirigeants du Hamas, mais les responsables en exil du mouvement islamiste palestinien sont désormais moins présents en Syrie.

Unn porte-parole de la Croix-Rouge a par ailleurs annoncé vendredi avoir évacué sept blessés du quartier rebelle de Baba Amr, à Homs, afin qu'ils soient soignés dans un hôpital de la ville. Le porte-parole, Hicham Hassan, n'a pas pu dire si des journalistes figuraient parmi les personnes évacuées.

Au moins deux journalistes étrangers qui se sont infiltrés à Homs ont été blessés lors d'une attaque à la roquette plus tôt cette semaine. Deux journalistes, l'Américaine Marie Colvin et le Français Rémi Olchik, ont été tués dans la même attaque.

Le quartier de Baba Amr est assiégé et bombardé depuis trois semaines par les forces gouvernementales. Les tirs d'artillerie de l'armée ont fait quatre nouveaux morts vendredi dans ce quartier, selon des militants. Quatre personnes ont aussi été tuées à Khaldiyeh, un autre quartier rebelle de Homs, et 14 autres dans le quartier de Qarabeen, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), dont le siège se trouve à Londres.

Selon l'OSDH, l'armée tente également de reprendre Rastan, ville rebelle assiégée située au nord de Homs. La localité a été soumise à des bombardements et de violents combats opposant soldats et déserteurs y ont été signalés, a précisé l'organisation.

Au total, 50 civils ont été tués à travers la Syrie vendredi, selon l'OSDH. Les Comités locaux de coordination rapportent quant à eux un bilan de 97 morts.

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