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Sénégal: Obasanjo s'est entretenu avec le président Wade et des opposants

23/02/2012 06:35 EST | Actualisé 24/04/2012 05:12 EDT

DAKAR, Sénégal - L'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo a rencontré jeudi des membres de l'opposition sénégalaise, dont le chanteur Youssou N'Dour, dans une volonté de trouver une solution à l'impasse politique à l'approche de l'élection présidentielle de dimanche au Sénégal.

Depuis qu'il a quitté ses fonctions en 2007, Olusegun Obasanjo est devenu un négociateur de premier plan en Afrique. À son arrivée à Dakar mardi, il a affirmé que même s'il avait été envoyé au Sénégal en tant qu'observateur électoral, il n'hésiterait pas à tenter «d'éviter ce qui peut être évitable» en servant de médiateur dans la crise politique qui menace la stabilité du pays.

L'opposition a promis de rendre le pays ingouvernable si le président Abdoulaye Wade, 85 ans, maintient sa candidature à l'élection de dimanche. Le président refuse obstinément de se retirer et brigue un troisième mandat même si la Constitution n'en permet que deux, une limite qu'il a lui-même proposée.

Les manifestations quotidiennes ont eu pour effet de réduire de moitié les heures d'ouverture dans le centre de Dakar, où les bureaux renvoient leurs employés à la maison à la mi-journée pour leur permettre d'éviter les rassemblements antigouvernementaux qui paralysent la ville chaque après-midi.

Mercredi soir, M. Obasanjo a rencontré M. Wade, selon le porte-parole présidentiel Serigne Mbacke Ndiaye, qui n'a pas voulu donner de détails sur la teneur de leur entretien.

Le porte-parole a affirmé qu'Abdoulaye Wade était prêt à discuter de la situation avec M. Obasanjo à condition que certains principes soient respectés, notamment le fait que l'élection aura lieu comme prévu dimanche et que M. Wade sera bel et bien candidat.

«Il est hors de question que l'élection soit reportée», a dit M. Ndiaye aux journalistes jeudi, en réaction aux appels de plusieurs candidats de l'opposition qui demandent le report du scrutin.

Jeudi, Olusegun Obansajo a rencontré des opposants, mais aussi le président de la Cour constitutionnelle, qui a le dernier mot sur les querelles électorales.

C'est cette même Cour constitutionnelle qui a rejeté la candidature du chanteur Youssou N'Dour. C'est aussi elle qui a statué qu'Abdoulaye Wade pouvait briguer un troisième mandat, estimant qu'il avait été élu avant que les nouvelles dispositions de la Constitution, dont celle sur la limite de mandats, entrent en vigueur.

Les médias sénégalais ont rapporté que les cinq juges de la cour, tous nommés par M. Wade, avaient reçu de nouvelles voitures et que leur salaire avait été augmenté de 10 000$ par mois en prévision de l'élection.

Youssou N'Dour est arrivé à l'hôtel Radisson pour rencontrer M. Obasanjo en boitant légèrement, après avoir été blessé à une jambe quand la police a tiré des gaz lacrymogènes sur les manifestants plus tôt cette semaine.

«Obasanjo m'a reçu et nous avons discuté de plusieurs questions. Je continue de dire que Wade n'a pas le droit de se présenter à l'élection de dimanche», a dit le chanteur à la sortie de son entretien. «J'appelle Abdoulaye Wade à reconsidérer sa décision. Il n'est pas trop tard.»

M. Obasanjo a aussi rencontré le chef du Parti socialiste, la formation qui a dirigé le Sénégal pendant 40 ans avant l'élection d'Abdoulaye Wade en 2000 sur le thème du changement.

Même s'il peut se targuer d'avoir été à l'origine des plus grands projets de construction de l'histoire du pays, notamment des routes, des autoroutes, des stades et des écoles, le gouvernement d'Abdoulaye Wade est accusé de corruption généralisée. Il a mis la population en colère en donnant d'importants ministères à son fils Karim, surnommé «monsieur 50 pour cent» pour la part qu'il obtiendrait sur les contrats gouvernementaux.

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