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Syrie: Sarkozy dénonce l'«assassinat» des deux journalistes

23/02/2012 10:12 EST | Actualisé 24/04/2012 05:12 EDT

PARIS - Le président français Nicolas Sarkozy a dénoncé «un assassinat», jeudi, au lendemain de la mort de deux journalistes à Homs, bastion de l'insurrection syrienne pilonné par les forces gouvernementales.

«Ceux qui ont fait ça devront rendre des comptes. Grâce à la mondialisation, on ne peut plus assassiner dans le silence absolu», a déclaré le président, lors d'un déplacement de campagne dans le nord de la France. «J'ai vu les images. Il y a une volonté de bombarder un endroit parce qu'il s'y trouve des journalistes», a-t-il lancé.

M. Sarkozy, qui a tenu ces propos en marge de la visite d'un Centre de formation des apprentis à Tourcoing, devait ensuite tenir un rassemblement électoral à Lille dans la soirée.

La veille, il avait affirmé que le régime syrien devait «partir», après l'annonce de la mort du photoreporter français Rémi Ochlik, 28 ans, et de la journaliste américaine Marie Colvin, 56 ans, quelques semaines après celle d'un autre journaliste français, Gilles Jacquier, tué le 11 janvier à Homs.

Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a également dénoncé mercredi soir «ces nouveaux actes de barbarie commis par le régime de Damas», soulignant que d'autres journalistes avaient été blessés dans les bombardements.

Il s'agit notamment de la Française Édith Bouvier, correspondante du «Figaro», et du photographe britannique Paul Conroy, du «Sunday Times».

Dans une vidéo mise en ligne jeudi sur Internet par l'opposition syrienne, Édith Bouvier, alitée, affirme qu'elle se trouve à Homs, a «la jambe (gauche) cassée, au niveau du fémur, dans le sens de la longueur entièrement et dans le sens horizontal également», et qu'elle a «besoin au plus vite d'être opérée». Elle demande un cessez-le-feu et son évacuation au Liban voisin pour «être traitée dans les plus brefs délais».

«C'est difficile ici. On n'a pas d'électricité, on n'a pas beaucoup à manger. Les bombes continuent de tomber», ajoute William Daniels, photographe pour «Le Figaro» et «Time Magazine». Il précise qu'il se trouvait dans le groupe de journalistes au moment de l'explosion mercredi et que sa consoeur et lui ont été secourus puis transportés «un peu plus loin de l'hôpital (qui) est visé par les bombes».

L'ambassade de France à Damas a demandé «un accès sécurisé» aux victimes avec le soutien du Comité international de la Croix-Rouge. L'ambassadrice de Syrie à Paris a été convoquée pour réitérer ces exigences.

«La France tient les autorités syriennes responsables de la vie de nos ressortissants et de nos blessés», a prévenu M. Juppé.

La répression du mouvement de contestation du régime du président Bachar el-Assad a fait plus de 5400 morts depuis la mi-mars 2011. L'opposition avance un bilan de 7300 morts.