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Présidentielle en Russie: Vladimir Poutine réunit 100 000 électeurs à Moscou

23/02/2012 07:48 EST | Actualisé 24/04/2012 05:12 EDT

MOSCOU - Quelque 100 000 Russes se sont rassemblés dans un stade de Moscou, jeudi, pour un rassemblement électoral du premier ministre Vladimir Poutine, à nouveau candidat à la présidence qu'il a occupée de 2000 à 2008.

Malgré une opposition très mobilisée contre lui, Vladimir Poutine apparaît comme le grand favori de l'élection, dont le premier tour aura lieu le 4 mars.

Bon nombre de participants au rassemblement électoral semblaient être des fonctionnaires.

Vladimir Poutine, qui avait dû céder le Kremlin à Dimitri Medvedev faute de pouvoir briguer un troisième mandat présidentiel consécutif, a appelé ses partisans à défendre la grandeur de la Russie.

«Nous sommes tous prêts à travailler ensemble au nom de notre grande mère patrie. Nous ne sommes pas seulement prêts à travailler, nous sommes prêts à la défendre. À la défendre sans cesse et pour toujours. Nous ne laisserons personne s'ingérer dans nos affaires ou nous imposer sa volonté car nous avons notre propre volonté», a-t-il dit en guise d'avertissement à l'Occident, sous les acclamations de la foule rassemblée au stade Loujniki.

Le rassemblement massif constitue une démonstration de force en réponse aux manifestations de l'opposition, qui n'a jamais été aussi mobilisée en 12 ans de pouvoir de Vladimir Poutine. Dénonçant de nombreuses irrégularités aux élections législatives remportées par le parti de Poutine, l'opposition a réussi, depuis le mois de décembre, à rassembler des dizaines de milliers de personnes pour tenir les plus importants rassemblements contestataires depuis la fin de l'Union soviétique, en 1991.

Vladimir Poutine se pose pour sa part en défenseur d'une Russie forte et prospère, avec succès semble-t-il, puisque sa cote de popularité dépasse largement les 50 pour cent. Il a tenté de discréditer les manifestations de l'opposition en accusant leurs organisateurs d'être des agents payés par les États-Unis pour affaiblir la Russie. Faisant preuve d'un peu plus de subtilité jeudi, il a appelé ses partisans à «chérir, prendre soin et croire» dans leur patrie pour s'unir.

«Nous demandons à tout le monde de ne pas regarder vers l'étranger, de ne pas se précipiter de l'autre côté et de ne pas tromper votre patrie, mais de nous rejoindre», a-t-il lancé.

Le rassemblement a été organisé le jour des Défenseurs de la patrie, fête nationale qui a remplacé le jour de l'Armée rouge de l'époque soviétique. On pouvait voir dans la foule des pancartes sur lesquelles était inscrit: «Tant que nous avons Poutine, nous avons un pays fort».

Mais plusieurs participants à la réunion électorale du stade Loujniki semblaient peu enthousiastes. On trouvait parmi eux des salariés payés ou dépendant de l'État, comme des enseignants, des employés municipaux ou d'entreprises publiques. Certains ont affirmé s'être fait promettre deux jours de congé s'ils venaient.

De nombreuses personnes interrogées par l'Associated Press jeudi se sont montrées réticentes à expliquer les raisons de leur soutien ou se sont contentées de déclarations très convenues. Des milliers de partisans ont d'ailleurs quitté le rassemblement à la fin de la marche menant au stade, prenant le métro sans même attendre les déclarations de leur candidat.

Certains participants au rassemblement ont cependant exprimé un enthousiasme sincère. «J'aime Poutine et Poutine m'aime», a lancé Vladimir Grizlov, 68 ans, un musicien venu avec son accordéon.

Quant à Tatiana Goïtseva, qui l'accompagnait, elle a expliqué se sentir trop vieille à 70 ans pour un nouveau changement de gouvernement. «Nous sommes contents, mais bien sûr, les jeunes ne pensent pas la même chose», a-t-elle affirmé, ajoutant que ses trois petits-enfants ne voteraient pas pour Poutine.

Quatre autres candidats sont en lice pour la présidence, dont trois figures politiques qui ont depuis longtemps trouvé un arrangement avec le Kremlin et ne représentent guère de menace pour l'autorité de Vladimir Poutine. Le seul nouveau venu est Mikhaïl Prokhorov, un milliardaire de 46 ans propriétaire des Nets, l'équipe de basket-ball du New Jersey.

Sa candidature est considérée comme un effort du Kremlin pour apporter de la légitimité à l'élection et pour canaliser le mécontentement de l'opposition. La candidature du chef du parti d'opposition libérale Iabloko, Grigori Iavlinski, a été rejetée.

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