Des milliers d'étudiants manifestent contre la hausse des droits de scolarité

Manifestation Etudiante

Première Publication: 23/02/2012 10:30 Mis à jour: 23/02/2012 19:30

MONTRÉAL - Environ 6000 étudiants ont de nouveau pris la rue à Montréal, jeudi après-midi, pour dénoncer l'augmentation des droits de scolarité décrétée par le gouvernement Charest.

Pendant ce temps, le mouvement de «grève» se répand comme une traînée de poudre.

La manifestation s'est déroulée dans l'ordre mais, après que les organisateurs eurent mené les manifestants à destination, au parc Émilie-Gamelin, un groupe d'entre eux a convergé vers le pont Jacques-Cartier, paralysant l'accès à la structure en pleine heure de pointe. La section anti-émeute est intervenue vers 16 h 30 pour libérer les accès au pont.

Au départ de la manifestation, les leaders étudiants disaient espérer être entendus du gouvernement Charest.

«Le gouvernement doit prendre nos revendications au sérieux dès maintenant», a déclaré Jeanne Reynolds, porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (Classé).

«On peut maintenant parler d'une grève générale étudiante au Québec, a renchéri son camarade Gabriel Nadeau-Dubois. Le gouvernement doit reculer. Il n'aura bientôt plus le choix que de nous écouter, sinon, c'est le système d'éducation au Québec qui va être sérieusement paralysé.»

En fin de journée, plus de 62 000 étudiants s'étaient prononcés en faveur de la «grève», dont plusieurs qui l'ont déjà déclenchée alors que d'autres le feront dans les jours à venir.

Les «grévistes» se retrouvent tant au niveau collégial qu'universitaire, et leur nombre devrait se gonfler considérablement alors que les votes se multiplient.

Par exemple, ces chiffres ne comprennent pas la grande majorité des cégeps ni les universités Concordia, McGill et de Sherbrooke.

Selon la Fédération étudiante universitaire, les étudiants accordent des mandats de grève dans des proportions de 70 à 80 pour cent. L'appui a même atteint 90 pour cent à certains endroits.

Par ailleurs, les leaders étudiants disent avoir constaté des taux de participation de 75 pour cent pour certains votes, notamment au cégep Maisonneuve, où l'appui en faveur de la grève a atteint près de 70 pour cent.

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Une autre manifestation d'importance est prévue le 1er mars à Québec, et le tout doit culminer le 22 mars par une manifestation nationale dans la métropole.

«Ça fait deux ans qu'on dit au gouvernement que cette hausse est nuisible pour la population — en particulier les plus démunis, la classe moyenne, les femmes, les familles, a déclaré Mme Reynolds. Ce qu'on revendique, c'est que le gouvernement recule sur cette hausse.»

Québec ne donne toutefois aucun signe de fléchissement pour l'instant.

La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a simplement exhorté jeudi les leaders étudiants à dénoncer publiquement et à mettre fin à l'intimidation contre les opposants au mouvement de grève.

Des étudiants favorables à la hausse des droits de scolarité soutiennent avoir été victimes d'intimidation de la part des grévistes. Des dissidents seraient raillés, ridiculisés et même bousculés dans les corridors d'université, ont témoigné certains d'entre eux.

Les gestes d'intimidation seraient posés notamment contre des membres du «Mouvement des étudiants socialement responsables», une organisation comptant environ 2000 adhérents sur les réseaux sociaux et qui appuie l'augmentation des droits de scolarité.

Une porte-parole du mouvement, Arielle Grenier, allègue que sa boîte de courriels a été inondée de messages haineux et menaçants.

En point de presse à Québec, la ministre Beauchamp a interpellé les représentants étudiants pour qu'ils interviennent publiquement afin que cesse le climat de confrontation. Les débats doivent être menés «entre adultes» et sans intimidation, a fait valoir la ministre.

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Publié par Jean-Philippe Cipriani  |