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Les «Amis de la Syrie» envisagent de lancer un ultimatum à Bachar el-Assad

23/02/2012 09:27 EST | Actualisé 24/04/2012 05:12 EDT

LONDRES - Les États-Unis, l'Europe et des pays arabes comptent demander au président syrien Bachar el-Assad d'accepter un cessez-le-feu et l'acheminement d'aide humanitaire dans les zones les plus touchées par la répression du soulèvement en Syrie, ont indiqué des sources diplomatiques jeudi.

Des responsables américains, européens et arabes étaient réunis jeudi à Londres pour finaliser un ultimatum, qui pourrait demander à Damas de répondre favorablement à ces demandes dans un délai de 72 heures, sous peine de nouvelles sanctions. L'ultimatum doit être présenté à la conférence internationale des «Amis de la Syrie» organisée vendredi à Tunis.

Selon des responsables américains, l'objectif est de signifier clairement à Bachar el-Assad que son régime a l'obligation morale de mettre fin aux bombardements des zones civiles et de permettre l'acheminement de l'aide humanitaire.

Plusieurs pays ont proposé la création de couloirs humanitaires protégés, mais il n'est pas certain qu'un consensus se dégagera sur cette mesure, qui devrait impliquer une composante militaire. Un cessez-le-feu comme celui proposé par le Comité international de la Croix-Rouge, qui appelle à une trêve de deux heures par jour pour permettre l'acheminement d'aide humanitaire, a plus de chances d'être retenu, selon des sources proches du dossier.

La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a rencontré jeudi à Londres les ministres des Affaires étrangères et hauts responsables d'une dizaine de pays, dont le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, la Jordanie, le Maroc, le Qatar, l'Arabie saoudite, la Turquie, la Tunisie et les Émirats arabes unis. Plus de 70 États et organisations internationales sont attendus à la conférence de Tunis.

La réunion de vendredi doit également permettre d'examiner les moyens de renforcer l'isolement international de Bachar el-Assad et de son entourage, et d'accroître le soutien à l'opposition syrienne.

Sur le terrain, les forces syriennes continuaient jeudi à pilonner le quartier de Baba Amr à Homs, selon un militant des droits de la personne sur place, Omar Shaker, qui ne disposait pas de bilan des victimes.

«Chaque minute compte. Les gens vont bientôt s'effondrer par manque de sommeil et manque de nourriture», a-t-il souligné.

Mercredi, les bombardements sur Baba Amr avaient fait une trentaine de morts, dont les journalistes Marie Colvin et Rémi Ochlik.

D'après des militants syriens des droits de la personne, au moins 16 personnes ont été tuées jeudi par les forces de sécurité dans les régions de Hama (centre) et de Jabal al-Zawiya (nord).

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