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L'Arabie Saoudite refuse toujours d'extrader l'ex-président tunisien Ben Ali

23/02/2012 03:04 EST | Actualisé 24/04/2012 05:12 EDT

TUNIS, Tunisie - Le chef du parti islamiste tunisien «Ennahda», Rached Ghannouchi, a déclaré jeudi que les autorités saoudiennes refusaient toujours d'extrader l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali.

La demande d'extradition a été évoquée à l'occasion d'un voyage effectué la semaine dernière en Arabie saoudite par le chef du gouvernement tunisien, Hamadi Jebali.

Interrogé sur cette question lors d'une conférence de presse, le chef du parti islamiste au pouvoir a affirmé que Tunis ne baisserait pas les bras pour obtenir l'extradition du président déchu, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt international lancé par la justice tunisienne.

Selon M. Ghannouchi, cette fin de non recevoir «n'aura pas d'incidences pour autant sur les relations entre la Tunisie et l'Arabie Saoudite. Sinon, nous devrions également réagir avec le Canada qui abrite Belhassan Trabelsi et le Qatar qui a reçu Sakher Matri», deux gendres de l'ex-président également poursuivis par la justice.

M. Ghannouchi a par ailleurs réfuté toute dépendance de son parti vis-à-vis du Qatar, que certains accusent d'avoir financé la campagne électorale d'Ennahda.

«À travers la chaîne Al Jazira, le Qatar a été l'unique soutien du peuple tunisien durant la révolution. Il ne représente aucun danger pour notre pays et ne nous donne aucun ordre», s'est-il défendu, en soulignant que Tunis n'était pas d'accord avec Doha à propos d'une éventuelle intervention étrangère sur le sol syrien.

«Mais les gens qui veulent nous priver d'investisseurs lancent des rumeurs infondées. Nous voulons que la Tunisie soit ouverte à tous et ait des relations avec tout le monde, pas seulement avec l'Occident. Tous les pays qui voudraient apporter un plus et qui voudraient investir en Tunisie sont les bienvenus», a-t-il dit.

Le chef d'Ennahda est resté vague quant à la possibilité d'appliquer la loi islamique dans la nouvelle Constitution en cours d'élaboration. «Au niveau d'Ennahda, le sujet a été soulevé, mais nous n'avons toujours pas pris de décision. Plusieurs projets ont été évoqués, mais il n'y a rien d'officiel», a-t-il dit.

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