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La Réunion touchée par une deuxième nuit d'émeutes

23/02/2012 02:49 EST | Actualisé 24/04/2012 05:12 EDT

SAINT-DENIS, Réunion - Pour la deuxième nuit consécutive, des émeutes ont embrasé l'île de La Réunion. La flambée de violence s'est propagée au-delà des communes de Saint-Denis et du Port, foyers habituels de la contestation sociale dans l'île.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, la commune de Saint-Benoît, dans l'est, a également été le théâtre d'affrontements entre jeunes émeutiers et forces de l'ordre.

À Saint-Denis, dans le quartier du Chaudron, des combats violents ont encore opposé des bandes de jeunes aux forces de l'ordre. En début de soirée, en marge d'une manifestation pacifique contre la hausse du coût de la vie rassemblant des habitants du quartier, de jeunes casseurs, souvent en état d'ébriété, ont mis le feu aux poudres. Des poubelles, une voiture et des locaux techniques ont été incendiés. Comme lors de la nuit précédente, le grand magasin Jumbo Score a failli être pillé et plusieurs commerces ont été vandalisés.

Les forces de l'ordre, répondant à des jets de pierres et de cocktails Molotov, ont tenté de disperser les jeunes émeutiers à coups de bombes lacrymogènes.

Des familles du quartier ont assisté à ce spectacle explosif jusque tard dans la nuit. Dans un communiqué, le préfet a demandé solennellement «aux parents et adultes étrangers à ces violences de ne pas venir assister aux affrontements compte tenu des dangers et pour permettre aux policiers et gendarmes d'intervenir avec plus d'efficacité».

Dans la commune du Port, dans l'ouest, cinq véhicules ont pris feu dans une concession. Selon l'un des deux gardiens du garage, «une meute de jeunes déterminés» leur est tombé dessus vers 22h.

À Saint-Benoît, le grand magasin Jumbo Score a été la cible des casseurs et pillé.

Au terme de cette nuit de violences, 26 émeutiers ont été placés en garde à vue, portant leur nombre à 48 depuis le début des émeutes, a indiqué la préfecture de Saint-Denis. Deux d'entre eux devaient être jugées jeudi. Selon la préfecture, trois policiers ont été blessés dans les affrontements.

Ces débordements sont survenus à la suite de négociations interrompues entre la Société réunionnaise de produits pétroliers (SRPP) et les syndicats de transporteurs, qui visaient à obtenir une baisse du prix des carburants pour l'ensemble de la population. Les discussions doivent reprendre vendredi.

À La Réunion, le taux de chômage est trois fois plus important qu'en France métropolitaine: près de 60 pour cent chez les jeunes de 15 à 25 ans.

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