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La Grèce approuve l'effacement de 107 milliards d'euros de dette publique

23/02/2012 11:55 EST | Actualisé 24/04/2012 05:12 EDT

ATHÈNES, Grèce - Le Parlement grec a approuvé jeudi en procédure d'urgence le projet de loi effaçant 107 milliards d'euros de dette publique détenue par des créanciers privés, dans le cadre du second plan de sauvetage de la Grèce, qui prévoit un prêt de 130 milliards d'euros de la zone euro et du Fonds monétaire international (FMI).

Le texte a été adopté à main levée dans un Parlement quasiment vide, les deux principaux partis politiques soutenant le gouvernement de coalition du Premier ministre Lucas Papadémos ayant exprimé leur soutien à l'opération de décote.

La Grèce devrait désormais lancer vendredi l'offre officielle d'échange des obligations détenues notamment par les banques, fonds de pension et assurances. Ces créanciers privés disposeront de dix jours pour donner leur réponse.

L'opération a été approuvée en début de semaine par l'Eurogroupe, qui rassemble les ministres des Finances des 17 pays de la zone euro. Ils ont également donné leur feu vert au prêt de 130 milliards d'euros destiné à empêcher la faillite de la Grèce et permettre son maintien dans la zone euro.

Le ministre grec des Finances, Evangelos Venizelos, a déclaré qu'il espérait que le nouvel accord sur les prêts serait signé et validé pour la fin mars.

S'exprimant avant le vote du Parlement jeudi, M. Venizelos a présenté l'approbation de l'effacement d'une partie de la dette comme la seule solution pour la Grèce d'avancer.

«Le vrai dilemme est le suivant: soit les sacrifices et les perspectives, soit la destruction complète et aucune perspectives. Soit les coupes (budgétaires) qui sont dure (...) soit l'incapacité de payer les salaires et les retraites. Soit les réduction des fortunes, soit la perte complète des fortunes. Soit un chômage fort, soit le chômage généralisé», a-t-il prédit.

«Aujourd'hui, la Grèce se voit offrir une chance à saisir. Nous devons en tirer le meilleur. Nous n'avons pas fini. Nous recommençons dans de meilleurs termes. Nous ne devons pas répéter les erreurs, nous ne devons pas traîner (...) Nous devons boucler la mise en oeuvre de ce programme», a-t-il martelé.

Accablée par sa dette, la Grèce survit financièrement depuis mai 2010 grâce à un premier plan de sauvetage de 110 milliards d'euros, mais deux ans de mesures d'austérité drastique ont laissé l'économie exsangue, en récession pour la cinquième année consécutive, entraînant la fermeture de dizaines de milliers d'entreprises et faisant flamber le chômage, qui frappait 21 pour cent de la population active en novembre.

De très nombreux Grecs voient leur niveau de vie s'effondrer. Les manifestations et grèves se succèdent depuis plusieurs mois pour protester contre les sacrifices exigés de la population.

Le Parlement doit aussi se prononcer la semaine prochaine sur de nouvelles mesures d'austérité d'un montant de 3,2 milliards d'euros pour 2012, qui passeront par une réduction supplémentaire des retraites et des coupes claires dans la santé, l'éducation et la défense. Le porte-parole du gouvernement, Pantelis Kapsis, a rappelé qu'un débat commencerait en juin sur les économies budgétaires de 2013-14, déjà promises aux créanciers de la Grèce.

Jeudi, les médecins des hôpitaux publics ont observé une journée de grève. Des centaines de médecins et membres du personnel de santé ont marché pacifiquement sur le Parlement, dans le centre d'Athènes.

La Commission européenne a annoncé jeudi qu'elle tablait sur une contraction de 0,3 pour cent de l'économie de la zone euro en 2012, et de 4,4 pour cent pour la Grèce, lanterne rouge du tableau.

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