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Iran: des élections législatives en forme de test pour le président Ahmadinejad

23/02/2012 06:06 EST | Actualisé 24/04/2012 05:12 EDT

TÉHÉRAN, Iran - Plus de 3400 candidats aux élections législatives en Iran ont lancé leur campagne, jeudi, en vue du scrutin de la semaine prochaine, qui représente le premier test de popularité pour le président Mahmoud Ahmadinejad depuis sa réélection contestée en 2009.

Les élections du 2 mars seront âprement disputées entre les partisans du président Ahmadinejad et ses opposants dans le camp conservateur. Elles devraient détourner l'attention, du moins pour un moment, du conflit entre l'Iran et les pays occidentaux au sujet de son programme nucléaire.

«Ces élections sont une échelle pour mesurer à la fois le poids d'Ahmadinejad et de ses opposants conservateurs», a expliqué Amir Mohebian, analyste politique à Téhéran.

Une bonne performance du camp d'Ahmadinejad enverrait un message de détermination aux religieux au pouvoir, menés par le guide suprême de la Révolution islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, après une série de querelles politiques. Une victoire pourrait aussi raviver l'espoir du président Ahmadinejad de se trouver un allié pour lui succéder à l'élection présidentielle de l'année prochaine, ce qui lui permettrait de prolonger son influence politique.

Mahmoud Ahmadinejad, qui occupe un deuxième mandat présidentiel de quatre ans, ne peut briguer de nouveau mandat en vertu des lois iraniennes.

Jeudi, son gouvernement a déclaré dans un communiqué qu'il ne soutiendrait aucun groupe particulier pendant les élections législatives. Mais ses partisans un formé une coalition appelée Paidari («Front de la résistance»).

Le principal parti rival, Motahed («Front uni»), comprend des conservateurs traditionnels proches de l'ayatollah Khamenei.

Deux autres petits partis conservateurs présentent des candidats: Istadegi («Front de l'endurance»), proche de Mohsen Rezaei, un rival conservateur de Mahmoud Ahmadinejad à la présidentielle de 2009, et un nouveau parti conservateur appelé «La voix du peuple», qui comprend plusieurs parlementaires critiques du président Ahmadinejad.

Tous les groupes politiques affirment être fidèles à l'ayatollah Khamenei, qui a le dernier mot sur toutes les questions relatives à l'État.

Aucun groupe ne se revendique du «mouvement vert» qui a mené les manifestations contre la réélection d'Ahmadinejad en 2009, que les opposants estiment truquée. Les chefs de file du mouvement ont été placés en résidence surveillée et réduits au silence.

La campagne ne fait que commencer et les partis n'ont pas encore présenté leur programme, et plusieurs électeurs ont indiqué jeudi qu'ils n'avaient pas encore fait leur choix.

«Je n'ai pas encore pris de décision, mais je ne voterai pas pour les partisans d'Ahmadinejad, a dit Heidar Alavi, étudiant en sciences sociales. Ils n'ont pas respecté leurs promesses dans tous les domaines. Plusieurs gens se plaignent que leur vie est difficile à cause du chômage et de l'inflation.»

Un autre étudiant, Abbas Mozafari, a affirmé qu'il envisageait de boycotter les élections parce qu'aucun groupe réformiste n'y participe.

«Le gouvernement les a traités durement, a-t-il dit. Plusieurs d'entre eux sont encore en prison parce qu'ils s'opposent aux résultats de la réélection» d'Ahmadinejad, a-t-il ajouté.

Mais Akbar Afshari, gardien de sécurité dans une entreprise privée et père de trois enfants, avait une opinion différente. «Ahmadinejad est le seul président qui a promis de payer les gens, et il l'a fait.»

Depuis la fin de 2010, le gouvernement iranien a versé environ 40 $ à chaque citoyen après avoir coupé une partie des subventions sur la nourriture et le carburant. Le gouvernement a promis de nouveaux versements bientôt.

Peu importe qui remportera les élections, le résultat ne devrait pas changer l'orientation du gouvernement, qu'il s'agisse des dossiers intérieurs ou internationaux.

L'establishment au pouvoir, déterminé à poursuivre le programme nucléaire contesté, a appelé à une forte participation des électeurs, estimant que cela servirait de soutien au gouvernement dans son affrontement avec les pays occidentaux.

«Si le taux de participation est élevé, cela pourrait diminuer la pression des sanctions et dire au reste du monde que le gouvernement a le soutien du peuple», a estimé l'analyste Amir Mohebian.

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