POLITIQUE

Recommandation du commissaire à la santé: doter le Québec de centres mère-enfant

23/02/2012 11:19 EST | Actualisé 24/04/2012 05:12 EDT
PC

QUÉBEC - Le Québec devrait se doter de «centres mère-enfant» dans toutes les régions pour mieux coordonner l'offre de soins à prodiguer aux futures mères et aux petits enfants, selon le commissaire à la santé et au bien-être.

Ces centres feraient contrepoids à une offre de services et de soins présentement beaucoup trop éparpillée, déficiente ou non disponible à temps, a déploré Robert Salois, en conférence de presse, jeudi, en rendant public un volumineux rapport sur la périnatalité et la petite enfance.

Il prône en fait une véritable prise en charge du bébé et de la mère, dès les premiers mois de grossesse.

Alors que le nombre de naissances est à la hausse, les parents sont souvent dépourvus et laissés à eux-mêmes quand vient le temps de trouver le service ou le soin dont leur bébé a besoin, constate le commissaire.

Dans une perspective plus large, il faut déplorer l'absence, au Québec, «d'une vision politique globale et à long terme» en ce domaine, dit-il.

Entre autres moyens proposés pour corriger le tir, le centre mère-enfant permettrait de regrouper divers professionnels (obstétriciens, pédiatres, infirmières, orthophonistes, etc.) en vue de détecter des problèmes très tôt, puis de référer les femmes enceintes et les mères d'un jeune enfant vers la ressource appropriée.

«Dès le soupçon d'un symptôme, on va pouvoir référer pour le dépister, le diagnostiquer et le traiter», a expliqué M. Salois, qui voit la nécessité, pour cela, de «créer physiquement un endroit» qui servira aussi à fondre en une seule les diverses listes d'attente et ainsi éviter la duplication de services.

Il est grand temps de changer les façons de faire dans le réseau, de manière à travailler en équipe pour mieux répondre aux besoins des futurs parents et des nouveaux parents, a ajouté M. Salois, dont le rôle consiste à évaluer la performance du réseau de la santé.

«Si on réussit, collectivement, à ramasser les informations, on fera des gains importants dans le domaine de la périnatalité», selon lui.

Son rapport de quelque 850 pages contient 12 recommandations, incluant l'ouverture de cliniques du nourrisson sans rendez-vous sur tout le territoire, l'offre de cours postnataux et de visites à domicile postnatales à toutes les familles.

Le but de ces mesures consiste à mieux soutenir les jeunes parents, mais surtout à détecter d'éventuels problèmes de santé dès qu'ils se présentent.

Le commissaire déplore le fait que 35 pour cent des femmes enceintes n'ont aucun suivi médical durant le premier trimestre de leur grossesse. Par conséquent, les femmes enceintes et leurs bébés devraient avoir accès en priorité aux médecins de famille.

Il recommande aussi d'augmenter le rythme de création de maisons de naissance et de mieux intégrer les sage-femmes au réseau de la santé. En 2010, seulement deux pour cent des bébés sont nés avec l'aide d'une sage-femme, ce qui n'est pas suffisant, aux yeux du commissaire.

M. Salois a indiqué qu'il n'avait pas calculé le coût des recommandations formulées au gouvernement. «C'est un exercice qui n'est pas facile», a-t-il reconnu, en s'engageant à tenter à l'avenir d'indiquer le coût de ses propositions.

La performance globale du système de santé québécois ne se compare pas avantageusement avec celle des autres provinces, car elle demeure sous la moyenne canadienne, indique aussi le rapport Salois.

A l'ère d'internet, il faudra aussi faciliter l'accès à toute l'information nécessaire, peut-on lire dans le rapport. Un site web devrait fournir aux parents les renseignements disponibles sur les différents services offerts dans leur région.

Le Québec compte 500 000 enfants de 0 à 5 ans. Le taux de natalité est en hausse de 20 pour cent depuis 2000. On a enregistré 88 000 naissances en 2010.

Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a réagi en disant qu'il lirait le rapport du commissaire. Il a convenu qu'il y avait certaines choses à améliorer.