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Attentats en série en Irak: 50 morts

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VIOLENCE IN BAGHDAD
Des attentats se sont succédé à Bagdad et dans onze autres villes d'Irak jeudi. (Photo Getty) | Getty Images

BAGDAD - Des attentats se sont succédé jeudi à Bagdad et dans onze autres villes d'Irak, faisant au moins 55 morts et 225 blessés, dont plusieurs enfants, selon un nouveau bilan des autorités et des hôpitaux.

Le ministère de l'Intérieur a imputé ces attaques à Al-Qaïda, affirmant qu'il s'agissait d'une nouvelle opération pour déstabiliser le pays.

Les attentats-suicide, explosions de bombes et fusillades, apparemment coordonnés, ont duré plus de quatre heures à Bagdad, frappant des bureaux du gouvernement et des restaurants. Une voiture piégée a notamment tué neuf passants dans une rue de la capitale.

Une attaque à la voiture piégée s'est également produite près d'un école primaire dans la ville de Musayyib.

Sur tout le territoire irakien, les forces de sécurité ont apparemment été visées par au moins 14 attaques distinctes.

«Ce qui se passe aujourd'hui, ce ne sont pas de simples violations de la sécurité, c'est un énorme échec d'une sécurité catastrophique. Nous voulons savoir: que font les milliers de policiers et de soldats à Bagdad aujourd'hui, pendant que les terroristes sillonnent la ville et sèment la violence?», s'est indigné Ahmed al-Tamimi, qui travaillait dans un bureau du ministère de l'Éducation proche d'un restaurant où a explosé une bombe, dans le quartier chiite de Kazimiyah, dans le nord de Bagdad.

Le ministère irakien de l'Intérieur a imputé ces attentats à Al-Qaïda, qui veut montrer «qu'il opère toujours en Irak et a la capacité de frapper dans la capitale et d'autres villes». Les terroristes, ajoute le communiqué du ministère, veulent prouver «que la situation en matière de sécurité en Irak ne sera jamais stable».

L'insurrection lance régulièrement des attaques meurtrières de grande envergure depuis le départ des dernières troupes de combat américaines à la mi-décembre, après près de dix ans de guerre. La police est généralement considérée comme le maillon faible des forces de sécurité irakiennes.

Peu après la fin du retrait américain, une crise politique aiguë sur fond de tensions religieuses a éclaté quand les autorités à majorité chiite ont voulu arrêter le vice-président sunnite Tarek al-Hachémi, l'accusant d'avoir commandité des escadrons de la mort visant les forces de sécurité et des responsables gouvernementaux.

Les attentats de jeudi n'ont pas été revendiqués, mais les cibles visées suggèrent une opération d'Al-Qaïda. Le groupe terroriste a en revanche revendiqué des attaques similaires le 5 janvier à Bagdad, qui avaient fait 78 morts, principalement des pèlerins chiites. L'Irak avait alors connu sa journée la plus sanglante depuis des mois.

Un haut responsable irakien du renseignement ayant requis l'anonymat a estimé que les attentats de jeudi avaient probablement nécessité au moins un mois de préparation. Il les interprète comme une tentative d'effrayer les diplomates censés participer au sommet annuel de la Ligue arabe, qui doit se tenir à la fin du mois de mars à Bagdad. L'organisation régionale avait dû annuler sa conférence prévue dans la capitale irakienne l'an dernier.

Le ministère irakien de l'Intérieur a par ailleurs annoncé mercredi soir la capture de Walid Khalid Ali, considéré comme l'un des dirigeants du groupe Ansar al-Sunna, lié à Al-Qaïda. Le gouvernement affirme qu'il a été fait prisonnier en passant la frontière à son retour de Syrie.

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