Santorum joue la carte ultra-conservatrice aux États-Unis

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Rick Santorum mise sur la droite ultra-conservatrice et évangéliste. (Photo Getty) | Getty Images

WASHINGTON - Récemment passé en tête des sondages, Rick Santorum mise sur la droite ultra-conservatrice et évangéliste chrétienne pour battre le favori Mitt Romney dans la course à l'investiture républicaine pour la présidentielle de novembre aux États-Unis. À l'approche des primaires du «super mardi», il s'en est même pris à la «théologie bidon» qui inspirerait le programme de Barack Obama.

L'ancien sénateur de Pennsylvanie tire aujourd'hui sa force de ces électeurs républicains très militants et particulièrement actifs lors des primaires et des caucus. Et il ne donne aucun signe de vouloir adoucir son discours, malgré sa défaite de 2006. Les électeurs avaient alors sanctionné ses politiques ultra-radicales en lui refusant un troisième mandat au Congrès.

L'élite du Parti républicain regarderait avec beaucoup d'inquiétude l'ascension de Santorum, craignant de le voir éclipser le favori Mitt Romney. L'ancien gouverneur du Massachusetts reste pour le moment en tête des primaires, puisqu'il a obtenu le plus grand nombre des délégués qui désigneront le candidat républicain à la présidentielle lors de la convention du parti en Floride, à la fin du mois d'août.

Mitt Romney, multimillionnaire, possède en outre un très net avantage financier et une solide organisation de campagne. Mais sa candidature est loin de faire l'unanimité dans le camp républicain, qui lui reproche d'avoir pris dans le passé des positions peu orthodoxes sur des sujets sensibles comme l'avortement.

À l'inverse, parmi les candidats en tête des primaires républicaines, Rick Santorum, jeune quinquagénaire père de sept enfants, est sans doute le plus conservateur depuis Barry Goldwater, en 1964. Et c'est peut-être ce qui préoccupe l'establishment du Grand Old Party, qui garde en mémoire la cuisante défaite de ce candidat. Non seulement avait-il été écrasé par le démocrate Lyndon Johnson, mais les candidats républicains au Congrès avaient beaucoup pâti de sa performance.

Pour le moment, Santorum n'a manifestement pas l'intention de se positionner plus au centre. Il faut dire qu'avec l'embellie en vue pour l'économie américaine et la remontée de la popularité de Barack Obama, le débat des primaires républicaines s'est beaucoup déplacé de l'économie vers les questions de société.

Après avoir battu Mitt Romney dans trois États — le Minnesota, le Colorado et le Missouri — le 7 février, Rick Santorum, farouche adversaire du droit à l'avortement et du mariage homosexuel, a récemment dépassé son rival dans les sondages nationaux menés auprès des électeurs républicains. Et plusieurs autres le donnent désormais en tête dans le Michigan, l'État natal de Romney, où son père a déjà été gouverneur.

Après une pause dans le calendrier, les scrutins du Michigan et de l'Arizona le 28 février vont relancer les primaires avant le «super mardi» du 6 mars et ses dix États en jeu.

Fort de ses victoires, Rick Santorum essaie de s'imposer comme le futur adversaire de Barack Obama le 6 novembre prochain. Il s'est attaqué récemment au président démocrate sortant, tentant visiblement de se présenter comme la principale option conservatrice à Mitt Romney et de se distancer de l'ancien président de la Chambre des représentants Newt Gingrich et du Texan Ron Paul. Il courtise ainsi les électeurs religieux et les adeptes du mouvement ultra-conservateur du Tea Party, opposés aux impôts et partisans de la réduction de la taille du gouvernement.

Dans l'Ohio, l'un des États du «super mardi», Rick Santorum a ainsi lancé le week-end dernier que le programme du président reposait sur «une espèce de théologie bidon, pas une théologie fondée sur la Bible». Alors que l'équipe de campagne de Barack Obama ripostait, il s'est défendu le lendemain de «mettre en doute la foi du président».

«Je pense que le président est un chrétien», a-t-il assuré. «Je parle de sa vision du monde et de la façon dont il aborde les problèmes dans ce pays», a-t-il expliqué, jugeant qu'elles étaient différentes de celles de la plupart des Américains.

Pour se justifier, il a affirmé que le chef de la Maison-Blanche essayait de promouvoir les idées des «écologistes radicaux» qui, a-t-il dit, s'opposent à une plus grande utilisation des ressources naturelles du pays car ils pensent que «l'homme est ici-bas pour servir la nature». Santorum a aussi estimé que le président encourageait les avortements en demandant que les assureurs remboursent les tests prénataux.

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