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Attentat déjoué du Capitole: le suspect refuse son droit à une audience

22/02/2012 11:04 EST | Actualisé 23/04/2012 05:12 EDT

ALEXANDRIA, États-Unis - L'homme accusé d'avoir fomenté un attentat-suicide au Capitole demeurera derrière les barreaux en attendant de subir son procès après avoir refusé son droit à une audience relative à sa détention, mercredi.

Amine El Khalifi, un résidant de la Virginie, s'est présenté devant une cour de district américaine pour une audience qui a duré moins de cinq minutes. Il a refusé l'audience préliminaire à laquelle il a droit. Son dossier se retrouve maintenant devant un grand jury, qui sera responsable des mises en accusation.

L'homme âgé de 29 ans, qui est originaire du Maroc selon les documents de la cour, habitait illégalement aux États-Unis depuis plus d'une décennie. Il a été arrêté vendredi à la suite d'une enquête qui a duré plus d'une année.

Amine El Khalifi a été inculpé de «tentative d'utilisation d'arme de destruction massive contre la propriété des États-Unis» peu après son arrestation.

Un affidavit du FBI retrace l'évolution des intentions présumées du suspect. On peut lire, dans le document, que l'homme avait fait part de son projet d'attentat terroriste à un agent d'infiltration du FBI qui s'était présenté comme un membre d'al-Qaïda.

Amine El Khalifi aurait déclaré en décembre qu'il avait l'intention de faire sauter une synagogue et des généraux de l'armée. En janvier, toujours selon l'affidavit du FBI, il a changé d'idée et décidé de perpétrer son attentat-suicide à l'intérieur du Capitole le 17 février.

Il est allé jusqu'à se munir d'une veste bourrée d'explosifs qui lui avait été fournie par les agents d'infiltration. Il était convaincu que les explosifs étaient en état de marche, ce qui n'était pas le cas, tout comme le fusil qui lui avait été fourni pour tirer sur les agents de sécurité qui auraient pu lui bloquer le passage. Les responsables ont assuré que le public n'avait jamais été en danger.

Selon les documents de la cour, El Khalifi a déclaré à ceux qu'il croyait être ses complices qu'il serait heureux de faire une trentaine de victimes grâce à cet attentat.

On ignore toujours comment il a attiré l'attention des autorités.

Les documents judiciaires stipulent toutefois qu'une source confidentielle aurait rapporté au FBI en janvier 2011 qu'El Khalifi avait rencontré un groupe d'individus dans une résidence d'Arlington, en Virginie, et qu'il avait ensuite déclaré à certaines personnes que le groupe devait se préparer à la guerre.

Une connaissance d'Amine El Khalifi, qui s'est présenté à l'audience de mercredi, a affirmé que le suspect était connu des fidèles de la mosquée Dar al-Hiraj de Falls Church, en Virginie.

Il se démarquait des autres puisqu'il était tatoué, qu'il arborait un «mohawk» et qu'il traînait toujours une serviette blanche avec lui, de peur d'avoir les mains moites.

L'avocat d'El Khalifi, Kenneth Troccoli, a refusé de commenter à la sortie de l'audience.

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